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Les députés N-VA quittent la Chambre pour protester contre une photo montrant Francken en uniforme nazi

Les députés N-VA quittent la Chambre pour protester contre une photo montrant Francken en uniforme nazi

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken habillé d'un uniforme nazi, tenant en main une carabine: c'est le photomontage diffusé pendant quelques dizaines de minutes par Ecolo J sur Facebook pour dénoncer "la collaboration avec un président accusé de génocide" (président du Soudan), les "rafles planifiées, collectives et avec quota" et les "confiscation et pillage des effets personnels". Theo Francken a réagi sur Twitter, en interpellant Ecolo et Groen. "Le groupe Ecolo-Groen se place en-dehors du débat politique. Je ne me laisse pas criminaliser. J'exige des excuses", a-t-il écrit, avant d'interpeller les deux partis directement: "Soutenez-vous ceci? Trouvez-vous cela normal?".

La présidente des Verts, Zakia Khattabi, a affirmé que son parti ne présenterait aucune excuse au secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration.

Ce jeudi, les députés de la N-VA ont quitté les bancs de la Chambre en pleine séance plénière lorsque le député Ecolo Benoit Hellings s'apprêtait à prendre la parole. Un acte de protestation des parlementaires.

Theo Francken avait exigé des excuses après la publication du photomontage le montrant affublé d'un uniforme de soldat allemand, en vain. "Au contraire, ils semblent surtout en être fiers", souligne le secrétaire d'Etat. Il est fermement décidé à porter plainte contre cette photo. Le type de plainte - "au pénal, au civil, auprès d'Unia..." - devra encore être déterminé avec ses avocats.


Le gouvernement fédéral soutient Theo Francken

En parallèle à cette réaction des élus nationalistes flamands, le gouvernement fédéral (MR/N-VA/CD&V/Open VLD) a soutenu la politique de Theo Francken. "Moi et tout le gouvernement restons derrière la politique du secrétaire d'Etat Theo Francken", a indiqué jeudi à la Chambre le vice-Premier ministre N-VA et ministre de l'Intérieur Jan Jambon. En l'absence du Premier ministre Charles Michel et de Theo Francken, retenus à New York, le ministre Jambon était chargé jeudi de porter la parole du gouvernement après le tollé suscité par l'annonce d'une collaboration entre les services de Khartoum et leurs homologues belges visant à l'identification de ressortissants soudanais arrêtés au parc Maximilien, en vue de leur éventuel rapatriement.

Le ministre de l'Intérieur a assuré que la politique menée l'était conformément aux engagements internationaux et, notamment, dans le respect des garanties offertes par la Convention européenne des droits de l'Homme empêchant le refoulement vers un Etat dans lequel l'intégrité n'est pas assurée. Il s'agit d'une "approche intégrale et multidisciplinaire, passant par l'information et la prévention et veillant au maintien de l'ordre public", a-t-il dit.

Jan Jambon a ajouté que de nombreux autres Etats européens avaient déjà agi à l'instar de la Belgique, expulsant des réfugiés déboutés ou sans documents de séjour légaux vers le Soudan. M. Jambon a notamment cité le cas de la France, un exemple réfuté par Wouter De Vriendt (Groen) selon qui Paris n'a jamais accepté l'arrivée d'une délégation d'agents secrets inconnus sur son territoire à des fins d'identification.

L'opposition a dénoncé avec force la politique gouvernementale, l'accusant de collaborer au mépris des conventions internationales, avec un régime génocidaire.

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