En ce moment
 
 

Les partis "classiques" ont deux bonnes raisons d'éviter de nouvelles élections: se dirige-t-on vers un accord fédéral d'urgence?

Si nous votions demain, c'est le Vlaams Belang qui se retrouverait premier à la Chambre avec près de 28% des intentions de votes. Voilà ce que nous dévoile le Grand Baromètre RTL INFO-Ipsos-Le Soir.

Les partis extrêmes continuent leur progression, au nord comme au sud. En Wallonie, le PTB dépasse les 18% d'intentions de vote selon l'enquête.

Des résultats de sondage peu encourageants et une épidémie mondiale: cela fait deux bonnes raisons pour les partis classiques de ne pas retourner aux urnes tout de suite.

Des élections dans le contexte de mesures de confinement et de distanciation sociale apparaîtraient comme irresponsables.

Au contraire, depuis 48h, le virus provoque plutôt une prise de conscience entre les ennemis PS et N-VA, jusqu'ici incompatibles.

Ces derniers jours, les présidents des deux partis se sont vus. Ils auraient même noué un accord de principe pour un gouvernement d'urgence d'un an. Le but serait de résoudre les conséquences de la crise sanitaire, humanitaire et économique qui se prépare.

Des mesures de soutien de plusieurs milliards sont nécessaires

Ce matin, sur la chaine flamande VTM, Bart de Wever, le président de la NVA a plaidé en ce sens. "Des mesures de soutien de plusieurs milliards sont nécessaires pour l'économie et les indépendants. Les directions des partis doivent désormais se concentrer là-dessus", a-t-il déclaré. Bart De Wever, a appelé à la constitution d'un gouvernement d'une durée d'un an pour faire face à la pandémie et au risque de récession qu'elle entraîne. Les "partis de gouvernement" doivent prendre leurs responsabilités, estime-t-il. Mais il n'en a pas dit plus sur les partenaires ou l'identité du "capitaine".

Au MR, on n'est pas chaud à l'idée d'un gouvernement temporaire qui remettrait l'avenir du pays en question dans un an. Côté flamand, on dénonce une mésentente entre les deux principaux partis francophones sur l'idée d'un gouvernement d'urgence. Et sur qui doit diriger ce gouvernement.

Le PS ne veut pas changer de Premier ministre en pleine crise

"En cas de crise, l'urgence, c'est que tous les responsables politiques fassent passer la santé des citoyens avant toutes autres considérations. Changer de capitaine, en pleine tempête serait, irresponsable. Le bon sens et le sens de l'Etat commandent de ne pas le faire", a déclaré le parti sur son compte officiel. Ce message est diffusé alors que depuis quelques jours les informations se succèdent sur la mise en place d'un gouvernement d'urgence auquel participeraient les socialistes et la N-VA, mais qui pourrait coûter son poste de cheffe de gouvernement à Sophie Wilmès (MR).

Le scénario d'une alliance rassemblant les socialistes et la N-VA risque aussi de faire grincer des dents au PS. Elle implique l'aval du Bureau politique. Les réticences sont vives à convoler avec les nationalistes, certainement après des mois passés à refuser cette éventualité. En outre, entamer des négociations, mettre sur pied un nouveau gouvernement et composer de nouveaux cabinets ministériels prend du temps. Or, l'urgence sanitaire ne permet pas d'en perdre, soulignait samedi un socialiste.

Les socialistes francophones pourraient tenir un Bureau politique dimanche matin, la veille du rapport final au Roi des chargés de mission royale, Patrick Dewael (Open Vld) et Sabine Laruelle (MR).

Vers un nouvel échec des missionnaires royaux?

Cette énième mission, plus de neuf mois après les élections, pourrait à nouveau se conclure sur un échec après que les missionnaires royaux successifs ont constaté qu'une alliance entre le PS et la N-VA n'était pas possible, pas plus qu'une Vivaldi (socialistes, écologistes, libéraux, CD&V).

Dans une situation de crise, où les finances publiques continuent en plus à se dégrader, une telle issue risque néanmoins de discréditer une bonne partie de la classe politique et faire le jeu des extrêmes.

Les présidents de la Chambre et du Sénat travaillent donc sur l'hypothèse d'un gouvernement d'urgence, où les deux grands partis (PS et N-VA) seraient présents. Selon plusieurs articles de presse, des réunions ont eu lieu. Samedi, il n'était pas encore possible de dire si les discussions ont été fructueuses.

Ecolo préférerait se passer de la N-VA

Si la N-VA entamait des négociations avec le PS, Ecolo n'en sera pas. Les Verts francophones, dès le mois de juillet, ont fait savoir qu'ils ne discuteraient pas avec les nationalistes. Samedi matin, le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, a lui aussi lancé un appel à l'unité nationale mais il visait l'hypothèse Vivaldi, enterrée lundi passé par le CD&V.

Vos commentaires