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Les remarques sexistes en rue bientôt sanctionnées pénalement

 
 

Les remarques sexistes en rue seront bientôt sanctionnées pénalement, selon un avant-projet de loi, approuvé ce vendredi par le Conseil des ministres. Une évolution qui devrait réjouir les femmes qui comme Christelle, se font insulter en rue, parce qu'elle porte une jupe ou un décolleté.

Une incrimination particulière de "sexisme" fera bientôt son entrée au Code pénal, prévue par un avant-projet de loi, approuvé vendredi par le Conseil des ministres, qui offre également la possibilité pour les victimes d'être indemnisées au civil, d'une somme forfaitaire, pour harcèlement sur la voie publique. Un avant-projet qui tombe à proposà la lecture de ce témoignage envoyé il y a quelques jours à notre rédaction via la page Alertez-nous. Christelle se promenait dans le centre-ville de Charleroi quand elle s'est fait traitée de "salope", sans doute parce qu'elle portait une blouse avec un décolleté.

Christelle: "Est-ce que porter une blouse plus légère par 26°C fait de moi une traînée ?"

Voici le témoignage de Christelle: "Après-midi ensoleillée, je décide d'aller dépenser mon argent dans le centre-ville de Charleroi. Vu la chaleur, je m'habille avec une blouse sans manche un peu décolletée et un pantalon 3/4. Arrivée à Charleroi, je me fais insulter de salope car on voit un bout de ma peau. Je n'ai rien de provoquant, je suis juste féminine. Est-il devenu illégal dans notre beau pays de porter ce que l'on désire? Est-ce que porter une blouse plus légère par 26°C fait de moi une traînée? Surtout que c'est loin d'être la première fois. Il m'est déjà arrivé par le passé de me faire traiter de "bonne à baiser", de "grosse cochonne",... à cause d'une jupe par un temps ensoleillé."

La victime pourra saisir directement le juge civil

Cette action au civil pourra d'ailleurs être intentée, indépendamment des aléas de l'action au pénal, en d'autres termes, la victime pourra saisir directement le juge civil. Sur le plan pénal, alors qu'actuellement seule l'"incitation" à la discrimination, à la violence ou à la haine à l'encontre des personnes en raison de leur appartenance sexuelle est sanctionnée, l'avant-projet prévoit également de sanctionner le fait de "commettre" la discrimination.

Nouvelle discrimination du sexisme

La discrimination est également précisée. Dorénavant, le sexisme est défini comme "tout geste ou comportement verbal ou autre, qui a manifestement pour objet d'exprimer un mépris à l'égard d'une personne, en raison de son appartenance sexuelle, ou de la considérer comme inférieure ou de la réduire essentiellement à sa dimension sexuelle, ce qui porte une atteinte grave à sa dignité".

Un reportage avait relancé le débat

Il y a quelques mois, le reportage d'une étudiante néerlandophone, témoignant, caméra cachée à l'appui, de son expérience de femme dans certains quartiers bruxellois, où les comportements sexistes sont légion, avait suscité l'émoi après sa télédiffusion par la VRT. Portant l'avant-projet de loi approuvé par le gouvernement, la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet a rappelé vendredi que "le reportage de Sofie Peeters a fait couler beaucoup d'encre et relancé le débat sur le sexisme".


 




 

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