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La voix des jeunes manifestants se heurte à la réalité politique: la loi climat est rejetée

C'est dans la nuit de jeudi à ce vendredi que les députés se sont prononcés sur la fameuse loi climat, qui sous-entendait une révision de la Constitution: ce sera finalement non.

La révision de l'article 7 bis de la Constitution a été rejetée cette nuit. Elle a récolté 76 voix pour et 66 voix contre lors du vote, et n'a donc pas obtenu la majorité des deux tiers qui était nécessaire pour passer. 

Les partis contre:

  • N-VA (nationalistes flamands)
  • Open VLD (libéraux flamands)
  • CD&V (chrétiens-démocrates flamands)

Les partis pour:

  • Ecolo et Groen
  • Parti socialiste et s.pa (socialistes flamands)
  • MR
  • cdH
  • DéFI
  • PTB

Nous regrettons qu'Ecolo et d'autres partis se soient entêtés

Les partis flamands, NV-A, Open VLD, et CD&V n'étaient pas convaincus de son utilité. Ce n'est pas une surprise, affirme ce vendredi le MR. Selon le Mouvement réformateur, c'est du temps perdu à cause d'Ecolo. "Le MR a dit depuis le début qu'il n'y avait pas de majorité en Flandre pour faire passer cette modification de la Constitution. Nous regrettons qu'Ecolo et d'autres partis se soient entêtés à vouloir suivre uniquement la piste de la révision de la Constitution. Ils savaient que cette piste était morte-née. Nous avions prévenu que nous on avait une autre proposition, qui pourrait agréer les Flamands, et qui était aussi ambitieuse que les textes des francophones. Mais on n'a pas pu développer ce texte, parce que certains partis comme Ecolo se sont entêtés dans la voie de la révision de la Constitution", a réagi David Clarinval, chef du groupe libéral à la Chambre.

Jusqu'au moment du vote il y avait moyen de faire changer les choses

Jean-Marc Nollet est intervenu ce vendredi matin en direct sur Bel RTL. Alors, à écouter le MR, ce serait à cause d'Ecolo qu'il n'y a pas de loi climat? "Non, ça c'est n'importe quoi. Nous avons voté favorablement à la révision de la Constitution. Une étape qui était devenue nécessaire suite à l'avis du conseil d'Etat. Nous avons pu dégager au sein de la séance plénière de la chambre une majorité simple. Malheureusement, cette majorité n'était pas suffisante. Lorsqu'on veut réformer la Constitution, il faut une majorité des deux tiers. Mais nous avons quand même pu réussir à faire bouger les lignes. Rappelez-vous, il y a une semaine: le MR, les libéraux, refusaient d'adopter cet article dans la Constitution. Hier soir, ils ont finalement voté la proposition", a réagi le député écologiste.

Pourtant, Ecolo savait très bien qu'une majorité des deux tiers était nécessaire. "Vous saviez très bien à l'avance que ça n'allait pas marcher", a lancé notre journaliste Pierre Fagnart au co-président d'Ecolo. "Nous savions à l'avance qu'il fallait une majorité des deux tiers. Mais jusqu'au moment du vote, comme je l'ai expliqué jeudi, il y avait moyen de faire changer les choses. Vous savez, en démocratie, ce n'est qu'au moment où on vote qu'on voit clairement comment se positionnent les uns et les autres. Mais ceci n'est qu'une étape dans une longue procédure, puisque la bataille pour le climat se poursuivra. Et j'ose espérer que les citoyens vont pouvoir envoyer des signaux très clairs, y compris en Flandre, par rapport à cet enjeu du climat, lors des élections du 26 mai", a répondu Jean-Marc Nollet.

Et maintenant?

"Tout ça pour ça", diront certains. Et maintenant alors? Maintenant, il ne reste plus beaucoup d'options, et surtout plus beaucoup de temps. Le MR veut quand même tenter le coup. "Nous allons la semaine prochaine déposer notre possibilité, qui consiste à avoir un accord de coopération via la loi spéciale. J'espère qu'on pourra tomber d'accord sur notre proposition", s'est exprimé David Clarinval.

Mais le problème resterait le même: avoir une majorité des deux tiers à la Chambre. Et cette fois, c'est le vote francophone qui n'est même pas assuré. Ahmed Laaouej, chef de groupe PS,  a commenté la réaction de David Clarinval. "Nous verrons ce que le MR met sur la table et comment il se positionne. Nous, ce que l'on veut, c'est des objectifs chiffrés, clairs, avec une formule qui ne soit pas une formule bureaucratique", a indiqué le socialiste.

De son côté, Ecolo ne croit même plus à un accord avant la fin de la législature. Le parti mise donc à plus long terme. "La suite, c'est que le citoyen peut changer la donne, peut changer le rapport de force. Le vote d'hier soir n'était qu'une étape. Il y en a une autre lundi prochain, où nous viendrons avec de nouvelles propositions. Mais surtout, la vraie étape, celle qui peut vraiment amener un changement en politique, qui peut nous faire sortir de l'immobilisme dans lequel la Belgique s'est enfermée, c'est le vote du 26 mai. Ce sont les élections qui peuvent changer le rapport de force en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre", a confié Jean-Marc Nollet.

"On veut qu'il y ait un plan d'action"

Avant le vote, Egbert Lachaert, député Open VLD, expliquait la position de son parti: "Il n'y a pas d'action concrète dans ce projet, donc si on inclut ça dans la Constitution, il n'y aura rien qui changera au niveau des émissions de CO2, il n'y a pas d'action, il n'y a pas de calcul, et on veut qu'il y ait un plan d'action, que tout le monde sache ce qu'on va faire, et combien cela va coûter aux gens. C'est important aussi, et ce n'est pas connu".

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