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Daniel Bacquelaine, ministre des Pensions, démonte le syndicat socialiste: "Il est à la dérive, complètement isolé dans cette grève"

En ce jour de grève contre la réforme des pensions, c’était logiquement le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, qui était l’invité de Martin Buxant sur Bel RTL. Et il n’a pas été tendre avec le syndicat socialiste, qu’il juge à la dérive.

Ce mardi, le syndicat socialiste des services publics CGSP/ACOD est en grève et perturbe notamment les transports en commun du pays. Les militants entendent dénoncer les plans du gouvernement autour des métiers lourds et des pensions de ceux-ci. Ce matin, sur Bel RTL, le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, à l’initiative de ce projet, n’a pas été tendre avec le syndicat socialiste. "Il y a une concertation qui est très engagée, qui est en cours d’ailleurs et qui va se prolonger, mais ici la grève, très clairement, c’est une grève de nature essentiellement politique. D’ailleurs, le syndicat socialiste est un peu à la dérive, il est complètement isolé dans cette grève. Est-ce qu’il est imaginable qu’un syndicat face une grève contre l’octroi de nouveaux droits pour les travailleurs? Parce que c’est de ça qu’il s’agit", a-t-il martelé.


Seulement un projet

M. Bacquelaine a insisté sur le fait que ce n’est encore qu’un projet et qu’il n’y a pas encore lieu de se révolter. "Je pense que j’ai réalisé une concertation informelle puisque le projet n’est toujours pas déposé, donc on fait une grève sur un projet qui, formellement, n’existe pas encore. Donc j’ai concerté avant pour avancer dans ce projet et il est prévu après, dès la première lecture par le gouvernement, une phase de concertation sociale aussi bien pour les travailleurs fonctionnaires que pour les travailleurs salariés. Tout cela doit se dérouler prochainement", a-t-il assuré.


"Il ne correspond pas à un syndicalisme défenseur de l’intérêt des travailleurs"

Le ministre des Pensions a enfoncé le clou quant au syndicat socialiste, l’accusant de ne pas défendre les travailleurs. "Je pense que le syndicat socialiste a une option de nature strictement socialiste qui est idéologique et qui ne correspond pas à un syndicalisme défenseur de l’intérêt des travailleurs. En fait, il y a deux syndicalismes aujourd’hui: il y a un syndicalisme qui défend les travailleurs, les deux syndicats chrétiens et libéraux qui sont des syndicats constructifs, mais le syndicat socialiste, lui, rompt avec une culture de la concertation, de la négociation. Je pense aujourd’hui à tous les travailleurs qui sont sur les quais par -10, les malades qui ne peuvent pas aller à l’hôpital, les étudiants qui ne peuvent pas aller à l’école, je trouve qu’il y a quand même une irresponsabilité par rapport à la réalité", a-t-il affirmé.


Pénibilité ou pas?

Le syndicat socialiste dénonce, lors de la grève de ce mardi, certains éléments inacceptables dans le projet de loi. Les périodes d'absence pour maladie, accident du travail, congé de maternité... ne sont pas prises en compte pour le calcul de la pension anticipée dans le cadre de la pénibilité, souligne l'organisation. En outre, aucune solution n'est trouvée pour les agents contractuels des services publics. Le syndicat socialiste dénonce également le flou qui règne autour des catégories professionnelles entrant en ligne de compte pour la reconnaissance de la pénibilité et sur la façon dont les critères seront octroyés.

Pourtant, M. Bacquelaine a assuré qu’il s’agissait d’une réforme juste. "Elle vise à éliminer un certain nombre de discriminations. J’ai toujours été très clair, il faut travailler un peu plus longtemps, pour garantir le système de pensions, tout le monde doit travailler un peu plus longtemps. Mais j’ai toujours dit que ceux qui ont un travail dur, qui ont un travail particulièrement pénible, doivent bénéficier de conditions particulières. Pour l’instant, c’est le cas pour les fonctionnaires uniquement, pas pour les travailleurs salariés et les travailleurs indépendants. Donc aujourd’hui, certains fonctionnaires bénéficient, pour certains d’entre eux, pas pour tous, d’un régime de tantième préférentiel et de régime préférentiel qui date du 19e siècle. Moi, je veux changer ce système et le remplacer par un système d’octroi de pénibilité pour les métiers pénibles et faire en sorte que les gens qui exercent un métier pénible soit partent plus tôt, soit partent plus tard, parce qu’ils veulent continuer à travailler, avec une pension plus élevée", a-t-il détaillé.

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