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Migrants au Parc Maximilien: Charles Michel presse Theo Francken de fournir des propositions "concrètes et effectives"

Migrants au Parc Maximilien: Charles Michel presse Theo Francken de fournir des propositions

Le Premier ministre, Charles Michel, a chargé, mardi, le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, de fournir vendredi au conseil des ministres des propositions concrètes et "effectives" dans le dossier des transmigrants. Face au mécontentement qui montait dans la majorité, le chef du gouvernement place son très médiatique secrétaire d'Etat devant ses responsabilités.

La semaine passée, M. Francken et le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, ont lancé dans la presse un plan d'actions pour lutter contre ce phénomène des transmigrants qui transitent par la Belgique avant de tenter de gagner la Grande Bretagne. Un centre administratif a été créé au centre fermé 127bis de Steenokkerzeel pour y envoyer les personnes interpellées, notamment, sur les aires d'autoroutes. Il est toutefois apparu que l'Office des étrangers aurait fait libérer des dizaines de personnes au passé criminel qui doivent être renvoyées pour faire enfermer, à leur place, des migrants en transit. Une autre partie de ces migrants serait, selon plusieurs témoignages, renvoyés à Bruxelles, devant la porte de l'Office des étrangers, c'est-à-dire au... Parc Maximilien où oeuvrent plusieurs associations d'aide aux migrants mais que les deux ministres veulent vider de ses occupants.


"Des actes plutôt qu'une communication frénétique"

Les alliés de la N-VA dans la majorité fédérale n'ont guère apprécié. Tour à tour, le CD&V, l'Open Vld et le MR ont exprimé publiquement leur mécontement devant cette situation. Le chef de groupe des libéraux francophones, David Clarinval, a demandé "des actes plutôt qu'une communication frénétique" et fait remarquer que l'expulsion du territoire belge de délinquants en séjour irrégulier était une priorité du gouvernement.

Le Premier ministre l'a rappelé mardi. "La priorité absolue doit être de rapatrier les délinquants en séjour irrégulier", a-t-il déclaré. Si M. Francken est prié de présenter des propositions pour remédier à la situation actuelle, il ne rentre toutefois pas dans les intentions du gouvernement d'ouvrir le centre d'accueil et d'orientation des migrants réclamé depuis des mois par les associations et autorités locales qui s'affairent au Parc Maximilien. Un tel centre serait un "appel d'air", répète-t-on dans les rangs gouvernementaux.

L'option de la coalition suédoise demeure la même: il existe en droit belge des procédures pour bénéficier d'un statut de protection internationale, notamment la demande d'asile, et les migrants doivent s'y conformer.


Situation tendue

Sur le terrain, la situation s'est tendue depuis l'agression lundi matin d'un policier qui patrouillait à proximité du Parc. La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, qui depuis un an organise l'hébergement de centaines de migrants, a suspendu lundi soir son action. Elle n'a pas caché sa colère face à l'action du gouvernement fédéral. "Le gouvernement doit choisir", a-t-elle averti sur Facebook. "Soit il nous aide à faire disparaitre ce parc en nous donnant les moyens de le faire, soit il veut un Petit Calais à Bruxelles et dans ce cas nous l'aiderons à le construire".

En attendant, la campagne électorale bat son plein et la situation au Parc Maximilien et dans les alentours est devenue un enjeu aussi bien pour les édiles de la Ville de Bruxelles que pour la N-VA qui veut occuper davantage le terrain politique dans la capitale.

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