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Plan d'action contre la cocaïne à Anvers, principale porte d'entrée de la drogue en Europe

Plan d'action contre la cocaïne à Anvers, principale porte d'entrée de la drogue en Europe

Au total, l'an dernier, 42 tonnes de cocaïne ont été saisies dans le port d'Anvers. Le port est aujourd'hui considéré comme LA principale porte d'entrée en Europe pour la cocaïne. Pour y remédier, le gouvernement fédéral et la ville d'Anvers ont présenté un vaste plan d'action contre le trafic de drogue. Entre autre, des dizaines d'agents supplémentaires et une meilleure collaboration avec les pays d'Amérique du Sud. Un reportage signé Serge Vermeiren.

Bruxelles a eu son plan Canal contre la criminalité, Anvers aura son plan Canal contre le trafic de drogue. Objectif, infiltrer les groupes mafieux installés en ville et impliqués dans le trafic international.

"Ces individus cherchent à occuper des postes dans la zone portuaire afin de pouvoir effectuer des transports de drogue d'Anvers vers les Pays-Bas notamment", explique Stammy De Vlieger, directeur de la police judiciaire d'Anvers.

Cette unité spéciale sera composée de 80 personnes, issues des rangs de la police fédérale et de la police locale, des services des douanes et de l'inspection économique et sociale. Son nom : la Cali-team, en référence à la ville colombienne de Cali, où les cartels de la drogue sont parvenus à infiltrer tous les niveaux du pouvoir et de la police. Un procureur sera aussi désigné uniquement pour la zone portuaire.

Même si la situation d'Anvers ne ressemble en rien à celle de Cali, Bart de Wever, le bourgmestre (N-VA) prévient : "Cette équipe va aller frapper à leur porte. Il faut dire à ces mafieux que la fête est finie. Nous vous voyons, nous savons qui vous êtes, nous savons où vous êtes et nous n'allons pas vous laisser vous développer. Nous n'allons pas vous lâcher.

L'an dernier, sept tonnes de drogue ont été saisies dans le port d'Hambourg, en Allemagne, treize tonnes à Rotterdam, aux Pays-Bas, et quarante-deux tonnes à Anvers.

Autre objectif de ce plan : lutter contre les complicités qui existent entre les mafias et certains employés du port. Pour ça, les employeurs pourraient être mis à contribution, comme l'explique Jan Jambon, ministre fédéral de la Sécurité et de l'Intérieur : "Les employeurs peuvent, sur base d'une analyse, nous informer. Ce poste est crucial, mais à risques. Un 'screening' des travailleurs peut être effectué."

Une solution à court terme

A quelques mois des élections communales, Bart de Weever fait de la lutte contre la drogue dans sa ville une priorité politique. Pourtant, pas sûr que ça fonctionne : un dispositif tel que la Cali-team n'est pas neuf et son efficacité a déjà été remise en question : "Si ce plan est efficace à court terme, [à long terme] il va surtout déplacer le trafic de drogue et donc de cocaïne d'Anvers vers d'autres endroits comme le port de Zeebrugge, les aéroports de Bruxelles et de Charleroi voire le port de Rotterdam", nuance Tom de Corte, professeur de criminologie à l'université de Gand. 

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