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Première conséquence de l'affaire Veviba: les contrôles inopinés seront renforcés, annonce le ministre

Première conséquence de l'affaire Veviba: les contrôles inopinés seront renforcés, annonce le ministre

Les contrôles inopinés dans les frigos, abattoirs et ateliers de découpe seront renforcés sur l'ensemble du pays, a indiqué mercredi en commissions Economie et Santé publique le ministre de l'Agriculture et en charge de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) Denis Ducarme. Plus d'un millier d'entreprises feront l'objet d'un contrôle supplémentaire par trimestre.

À la demande du ministre à l'Afsca, 106 abattoirs, 479 ateliers de découpe et 478 frigos seront concernés par ces contrôles supplémentaires. Les audits sur le fonctionnement interne et les structures de l'Afsca ainsi que sur sa politique de contrôle, approuvés vendredi dernier en Conseil des ministres, livreront leurs résultats à l'été, a ajouté Denis Ducarme. En suivront des réformes qui "soulageront les petits artisans et mettront la pression sur les industriels", a-t-il assuré.


"Des contrôles approfondis"

"L'Afsca est un outil à préserver et à développer", a précisé celui qui est en contact avec des acteurs de la filière et l'agrofront. Il ambitionne également de solliciter les organisations de défense des consommateurs afin d'améliorer la transparence et la lisibilité sur les produits. Estimant que l'agence doit être plus proactive, le ministre s'est par ailleurs demandé si "les infos contenues dans le procès-verbal initial n'auraient pas du être mieux exploitées par la DG contrôle et fournies aux unités locales de contrôles afin de mener en concertation avec les autorités judiciaires des contrôles approfondis chez Veviba".

Selon lui, "l'agence aurait dû adapter sa fréquence de contrôles sur l'entreprise Veviba après les faits révélés au Kosovo". En 2016 et 2017, l'atelier de découpe a continué à faire l'objet d'une fréquence de contrôles basse (un contrôle global et trois de suivi par an) alors qu'un plan moyen (8 contrôles par an) et élevé (16 contrôles par an) existe.


"Poser les bases d'un meilleure coopération"

M. Ducarme s'est enfin interrogé sur l'absence d'interdiction d'export des produits incriminés par l'Afsca ainsi que sur la force de l'Unité nationale d'enquête. "Pourquoi n'a-t-elle pas diligenté un contrôle approfondi. L'UNE est-elle assez armée?" Le ministre a encore annoncé qu'une réunion aurait lieu cette semaine avec le ministre de la Justice, le collège de procureurs généraux et l'agence "afin de poser les bases d'une meilleure coopération entre autorités judiciaires et administratives".

"Il faut que ce soit clair: il n'y a pas eu de laxisme ou de choses laissées au hasard", a noté pour sa part l'administrateur délégué de l'Afsca Herman Diricks. Ce dernier s'est dit prêt à coopérer pleinement aux audits et ouvert à tirer les leçons afin d'améliorer le fonctionnement de l'agence. "L'amélioration continue est notre leitmotiv. Notre objectif est de lutter contre la fraude avec tous les services". Les débats prévus mercredi en commissions Economie et Santé publique portent sur le rapport de l'Afsca que la Chambre a reçu lundi après-midi. Celui-ci, composé de dix pages d'introduction et de 4.000 pages d'annexes, avait été demandé par le ministre à la suite du scandale Veviba. Ont également été conviés mercredi la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD), qui a confirmé que la santé des citoyens n'avait pas été atteinte, et le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V).

 

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