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Où le PTB va-t-il monter au pouvoir? "A Charleroi, il y a une forme de mépris et de condescendance"

Le grand débat dans l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" était l’occasion de tirer des conclusions des élections communales et provinciales de dimanche dernier. La montée du PTB (jusqu’à presque 25% dans certaines communes) a marqué le scrutin. Des négociations sont-elles possibles entre les communistes et d’autres partis ? Et le PTB a-t-il envie de se frotter au pouvoir ? De son côté, la FGTB continue d’appeler à une alliance entre le PS, le PTB et Ecolo.

Chez les habitants de Herstal par exemple, il y a une réelle ouverture quant à une possibilité de voir le PTB au pouvoir. Sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche", Christophe Deborsu a demandé à Frederic Daerden, le bourgmestre d’Herstal, s’il comptait réellement faire monter les communistes dans une coalition.

"En effet, j’ai constaté le soir des élections que nous avions un électeur sur deux qui nous faisaient confiance et le PTB un sur quatre. 25% c’est beaucoup", a-t-il affirmé. "J’avais annoncé pendant la campagne que je voulais être le bourgmestre du plus grand nombre et essayer d’avoir le collège le plus représentatif. J’ai proposé au PTB de les rencontrer mardi dernier. On a eu un échange et j’ai senti qu’ils étaient méfiants quand j’ai proposé un échevinat. Ils ont accepté un deuxième contact et j’espère qu’ils viendront avec un message clair quant à leurs priorités."


Le PTB est-il allergique au pouvoir?

La future bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux (PS) expliquait aussi vouloir faire monter le PTB au pouvoir tandis que le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS) est lui plus réservé. "Mon sentiment est qu’ils ne veulent pas aller dans une coalition mais ne refusent pas les invitations", a-t-il déclaré cette semaine.

"Mais le PTB est-il allergique au pouvoir?", s’est interrogé Christophe Deborsu.

"Pas du tout. On est dans une situation vraiment intéressante et je pense qu’on a l’occasion de discuter du fond avec un certain respect, notamment à Herstal. A Charleroi, il y a une forme de mépris et de condescendance", a expliqué Germain Mugemangango. "Le PS ne se remettra pas en question malgré le signal donné par les électeurs. On ne veut donc pas jouer la 5e roue du carrosse pour réaliser un projet qui n’est pas le nôtre."


"C’est plus agréable de rester dans l’opposition"

Le PTB a donc vraiment envie de monter au pouvoir. Qu’en pense la N-VA ? "C’est une discussion qui doit avoir lieu uniquement en Wallonie", estime Jan Peumans, le président du parlement flamand (N-VA). "Je crois d’après ce que j’observe, qu’ils ont peur de participer aux gouvernements locaux. C’est plus agréable de rester dans l’opposition."

De son côté, Jean-Luc Crucke, le ministre wallon du Budget (MR) a assuré qu'il ne "ferait pas d’alliances avec les extrêmes. Et selon moi, ce n’est pas à la Flandre de dire ce qu’on doit faire en Wallonie. Mais j’ai plus l’impression qu’on est dans un momentum de communication. Certains socialistes essayent de montrer que si on veut voter à gauche, il n’y a que le PS. Ils veulent siphonner les voix du PTB. Vous verrez qu’il n’y aura pratiquement pas de coalition entre les deux, sauf peut-être à Herstal", a-t-il conclu.

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