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Quelque 3.400 élèves exclus ou non-réinscrits l'an dernier en Wallonie et à Bruxelles

(Belga) Au cours de l'année scolaire précédente, près de 3.400 élèves ont été écartés d'une manière ou d'une autre par leur établissement pour raisons disciplinaires. Ces sanctions visent surtout des jeunes d'une quinzaine d'années inscrits dans l'enseignement spécialisé ou la filière professionnelle, selon une étude réalisée par l'administration générale de l'enseignement (AGE) de la Fédération.

Ces mesures peuvent prendre la forme soit d'une exclusion en cours d'année (2.023 cas sur 2016-2017), soit d'un refus de réinscription en fin d'année scolaire (1.372). Leur nombre n'a pas fortement varié ces dix dernières années. Signe d'un certain déterminisme social, ces sanctions sont beaucoup plus courantes en Région bruxelloise surtout, ainsi qu'à Liège ou dans le Hainaut, plutôt que dans les provinces du Luxembourg ou du Brabant wallon, sociologiquement plus aisées. "Il y a un lien très clair entre origine sociale et les exclusions scolaires", reconnaît Jacques Vandermest, directeur en charge de l'obligation scolaire et de l'assistance aux écoles auprès de l'administration de l'enseignement de la FWB. "On sait que les jeunes issus de milieux défavorisés échouent davantage que les autres. Or, il y a une très forte corrélation entre échec scolaire et exclusion. Quand les résultats sont mauvais, les jeunes concernés se sentent mal à l'aise à l'école. Et ce malaise évolue vers un sentiment de révolte envers l'école et les profs...". L'étude de l'administration dresse le profil-type de ces jeunes écartés: il s'agit de garçons dans plus de huit cas sur dix, le plus souvent âgés entre 14 et 16 ans, en retard scolaire. Une mise à l'écart sur cinq vise néanmoins des jeunes âgés de 18 ans ou plus. Proportionnellement, c'est dans l'enseignement secondaire spécialisé que le phénomène est le plus courant, surtout dans les enseignement de type I (pour enfants avec un retard mental léger) et de type III (enfants affectés par des troubles du comportement). Dans l'enseignement ordinaire, les exclusions et refus de réinscriptions surviennent principalemnt en 3e professionnelle, juste devant la 2e année commune. L'enseignement différencié du 1er degré du secondaire -destiné aux enfants qui n'ont pas réussi leur CEB en fin de 6e primaire- connaît lui aussi un plus fort taux de mesures d'écartement. Une fois écartés, ces jeunes doivent se retrouver une nouvelle école. Mais ces sanctions semblent toutefois avoir peu d'effets sur leur comportement, les jeunes exclus ou refusés ayant un risque bien plus grand encore de l'être à nouveau par après, selon les statistiques compilées. Ces sanctions définitives ne sont toutefois jamais prises à la légère. "Elles n'interviennent généralement qu'en bout de course, à l'issue de tout une série d'avertissements et sanctions préalables, comme des renvois temporaires pour un jour ou deux. Quand une école décide d'exclure un élève, son dossier est déja bien nourri...", poursuit M. Vandermest. En effet, à l'analyse des dossiers, on voit qu'en moyenne ce ne sont pas moins de... cinq faits différents qui ont conduit à la décision d'écartement. Les raisons les plus couramment avancées sont, dans l'ordre, les "incivilités" (refus de l'autorité, perturbation des cours, attitude négative face au travail,...). On les retrouve dans près de sept dossiers d'exclusions sur dix. Puis viennent les "violences physiques" envers d'autres élèves ou des enseignants (un tiers environ des dossiers) et les "violences psychologiques" (dans 31% des dossiers). L'absentéisme est évoqué dans un dossier sur huit environ, tandis que les "atteintes aux biens" (vandalisme, vols) dans dix pour cent des cas. La possession d'une arme ou d'un objet coupant, contondant ou blessant apparaît dans un dossier sur vingt en moyenne, juste derrière la détention de substances illicites (drogues). La vente de drogues, le racket et les violences sexuelles restent relativement peu courants (moins de 2% des dossiers). Ces mises à l'écart disciplinaires sont très souvent contestées par les intéressés ou leurs parents devant le pouvoir organisateur de l'école. Mais ces recours échouent bien souvent. "Les parents n'ont bien souvent pas beaucoup d'arguments pour contester la gravité des faits commis par leur enfant", décrypte M. Vandermest. "Quand ces recours aboutissent, c'est alors bien souvent pour une faute de procédure, qui est très précise pour les exclusions. Certains avocats et associations d'aide aux jeunes en ont d'ailleurs fait une spécialité...". (Belga)

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