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"Un accord signé" pour le rapatriement d'enfants de djihadistes des camps syriens: que vont-ils devenir en Belgique?

Des progrès ont été enregistrés sur l'épineuse question du rapatriement des enfants belges nés de djihadistes partis combattre dans les rangs de l'État islamique (EI) et retenus en Syrie. Notre pays a signé un accord de principe avec les autorités du Kurdistan irakien. Cet accord de principe concerne six orphelins qui sont en train d'être rapatriés vers la Belgique.

"Un accord a été signé hier avec les autorités kurdes en Syrie pour pouvoir organiser la sortie d'un certain nombre d'enfants des camps syriens vers l'Irak et puis le rapatriement vers la Belgique. Il reste à avoir l'accord des autorités irakiennes pour les opérations logistiques", a expliqué ce jeudi matin le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders en direct sur Bel RTL.

Ce memorandum d'entente a été signé sur place" à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak, à la suite de négociations menées par les Affaires étrangères et l'ambassade de Belgique en Jordanie - également compétente pour l'Irak.


Six enfants orphelins 

Pour le moment, ce rapatriement concerne six enfants orphelins. "On travaille d'abord avec des orphelins parce que c'est aussi ces orphelins que les autorités kurdes sur place acceptent de laisser partir, de laisser sortir", précise le ministre des Affaires étrangères dans le RTL INFO 13H. Les autorités locales auraient fourni à notre diplomatie une liste d'enfants identifiés. "Puis nous avons demandé à nos services ici de vérifier le contenu de cette liste et les responsabilités des uns et des autres en fonction des âges", ajoute Didier Reynders. 

Au niveau logistique, le ministre a sollicité l'aide de la Défense. "C'est un casse-tête en matière de sécurité. J'ai fait en sorte aussi que l'on puisse mettre à disposition un avion militaire pour éviter les vols commerciaux. Maintenant on met donc en place une logistique avec la Défense", continue Didier Reynders.

"Nous ne laissons pas mourir ces enfants", a également réagi ce jeudi matin le ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo sur la VRT-Radio. "Il n'y a pas d'excuses pour les choix faits par leurs parents, qui sont injustifiables, mais ce sont les choix de leurs parents. Une partie de ces enfants ont également été enlevés et séjournent (dans ces camps) dans des circonstances parfois horribles", a-t-il ajouté.



Et que vont devenir ces enfants revenus en Belgique ? 

Et que vont devenir ces enfants revenus en Belgique ? "Les contacts ont été pris avec les différents parquets concernés pour voir de quelles façons on pourra accueillir, en fonction de l'âge évidemment, les enfants qui reviendront et bien entendu avec des services d'accueil à la jeunesse. Tout cela est organisé au départ de la Belgique pour faire en sorte que nous puissions avoir un retour sécurisé avec des forces de police qui accompagneront le retour et puis la prise en charge par les parquets dans le cadre de l'accueil à la jeunesse", a indiqué le ministre des Affaires étrangères sur Bel RTL.  

Des centaines d'épouses de djijadistes partis rejoindre l'Etat islamique survivent "dans des conditions sanitaires déplorables" dans les camps syriens où sont détenues des centaines de familles étrangères qui avaient suivi l'EI (alias Daech selon son acronyme arabe).

Le groupe terroriste est privé depuis mars de son dernier bastion territorial, Baghouz. A Al-Hol, le plus grand camp, la situation sanitaire est considérée comme "critique" par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des ONG et les académiques ont critiqué l'inaction du gouvernement, alors que d'autres pays ont entamé des rapatriements limités.

Selon le délégué général aux droits de l'enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bernard De Vos, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) "parle de 150-160 enfants belges qui ont été à un moment dans les territoires en guerre"."Aujourd'hui, il y a une trentaine d'enfants qui sont localisés dans des camps, les camps de Al-Hol ou de Al-Roj, qui sont des camps dans lesquels les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Dans le camp de Al-Hol, qui est un camp qui a été construit pour accueillir entre 7.000 et 10.000 personnes, il y a actuellement 78.000 personnes", avait-t-il expliqué la semaine dernière à la RTBF.

La France a rapatrié cinq premiers orphelins de Syrie en mars, puis douze autres enfants hier- dix orphelins et deux dont la mère a accepté de se séparer.

La Suède qui a rapatrié récemment sept orphelins et deux orphelins néerlandais ont aussi été remis à une délégation des Pays-Bas.

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