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Theo Francken se défend d'être raciste et d'extrême droite: "C'est très fatigant et frustrant"

Theo Francken était l’invité de Martin Buxant dans La Matinale  de Bel RTL ce jeudi. L’asile et l’immigration sont devenus les thèmes politiques principaux en Belgique mais aussi partout en Europe où cela crée des polémiques.

Il y a 15.000 demandes d’asile par an, c'est la réalité des chiffres aujourd’hui en Belgique. Mais combien sont acceptées? "50% des demandes sont acceptées surtout venant des Syriens, des Irakiens et de Afghans. C’est la grande différence par rapport à il y a 5 ans où il y avait surtout des Albanais ou des Macédoniens qui ne reçoivent pas le titre de protection internationale ou de réfugiés reconnus car ces pays sont stables."

Les demandes acceptées viennent donc de pays en guerre…

"Oui, c’est le CGRA (le commissariat général des réfugiés et apatrides) qui vérifie les dossiers de demandes d’asile. C’est une instance indépendante qui donne un 'oui' ou un 'non'".

Quand c’est oui, les demandeurs d’asile sont les bienvenus en Belgique. On va les aider à s’intégrer et à apprendre la langue afin de pouvoir travailler le plus vite possible et contribuer à notre économie. En revanche, quand c’est non, on doit forcer des retours dans les pays d’origine quand c’est nécessaire."

En termes de comparaison avec le gouvernement précédent. Vous êtes plus ou moins sévère ?

"On ne peut pas parler de sévérité sur les demandes d’asile quand il y a la crise syrienne et il y a le flux migratoire dans la grande crise européenne de 2015. Du coup, on a eu plus de demandes cette année-là (40.000 contre 20.000 les autres années). La grande différence avec le passé, c’est aussi l’origine des gens qui viennent de la Syrie et de l’Irak, des pays en guerre. Ce sont des réfugiés. Ce ne sont pas des gens qui cherchent la fortune ou l’eldorado en Europe. Le taux de reconnaissance est donc plus haut mais ce n’est pas le gouvernement qui prend la décision".

"On est plus sévère pour les criminels. Dans le gouvernement précédent, on rapatriait 600 criminels des prisons belges vers leurs pays d’origine. Moi j’en ai renvoyés 1.800. C’est trois fois plus par an. C’est la ligne rouge du gouvernement. On est très humains pour les plus vulnérables mais plus sévères pour ceux qui abusent de notre hospitalité."


Au niveau de la politique de retour, êtes-vous pour les "pushbacks", les renvois des bateaux de migrants vers les pays d’origine?

"Le mot 'pushback', c’est un mot tabou dans les salons européens. Mais je suis un homme qui ose dire les choses. Je suis pour un système qui veut arrêter l’immigration irrégulière vers l’Union européenne. C’est très important de sauver tout le monde dans la mer Méditerranée mais on les renvoie vers l’Afrique. On ne peut pas accepter l’immigration irrégulière comme l’Italie. Cela ne se fera pas vers la Libye mais vers des centres d’accueil avec tout le confort nécessaire."


Un demandeur d’asile est-il un poids pour la société belge ?

"Cela peut être au contraire une richesse. Il n’y a pas un demandeur d’asile. Ce sont des individus avec leurs histoires et leurs compétences. Il est aussi clair que pour les introduire sur le marché du travail, c’est difficile. J’ai signé un accord avec le gouvernement wallon et le Forem pour donner un signal aux Belges. Les gens qui viennent et qui sont de bonne volonté, peuvent renforcer notre économie. C’est le meilleur moyen pour les intégrer."


Paul Magnette et Olivier Maingain vous comparent à quelqu’un d’extrême-droite...

"J’ai lu la presse francophone et tout le monde a exigé ma démission et au même moment en Flandre, on me donne raison. Notre pays est complexe. Je peux simplement dire au PS et aux autres qui crient hystériquement toutes les deux semaines "raciste, fasciste, nazi", que c'est très fatigant et frustrant. Côté néerlandophone, personne ne le fait. Je ne suis pas d’extrême-droite et pas raciste."

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