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Un ancien préformateur dévoile les coulisses d'une mission royale: rémunération, rôle du roi, organisation...

Ce lundi, cela fait 300 jours que le gouvernement fédéral est en affaires courantes. Ce mardi, le roi a nommé un duo de préformateurs PS-N-VA pour préparer la formation d'un nouveau gouvernement. Mais en quoi consiste vraiment leur mission. Nous avons rencontré André Flahaut. Chargé d'un rôle similaire en 2010, il nous dévoile quelques confidences sur ce type de mission.

Actuellement, le socialiste André Flahaut est député fédéral. Mais il y a 9 ans, le roi lui confiait une mission: médiateur royal en duo avec un membre de la N-VA, Danny Pieters. Retour sur les coulisses d’une mission au service de l’état.


Pas de rémunération ni de personnel

Nous sommes le 4 septembre 2010: André Flahaut franchit les grilles du château de Laeken. Le roi Albert II va lui donner un travail de médiation au beau milieu de la plus longue crise politique que connait notre pays.

Côté pratique, il faut une bonne dose de débrouillardise. Il n’a pas de rémunération particulière, pas de personnel dédié, pas même de bâtiment ou de bureau prévu pour la mission.

"Pour que ça fonctionne, on peut faire appel à l'équipe, en quelque sorte. C'était facilité parce que j'étais président de la Chambre, et il (ndlr: l'autre médiateur) était président du Sénat. Donc nous pouvions bénéficier de l'infrastructure et d'un support du personnel Chambre et Sénat. On part de rien et on doit avoir un résultat", confie André Flahaut, ancien médiateur royal (PS).


Quel est le rôle du roi durant la mission?

Qui dit mission royale, dit Roi Philippe, ou plutôt Albert II à l'époque de la mission d'André Flahaut. Bien sûr, c’est le souverain qui nomme les politiques. Mais après, il leur laisse une grande liberté de travail. "Le souverain n'est pas là pour dire: 'Vous devez faire ceci, vous devez faire cela'. Je crois que sa préoccupation à lui, c'est que ça réussisse et qu'il soit correctement informé pour les étapes suivantes", indique André Flahaut.

Nous lui demandons s'il n'y avait pas eu de coup de téléphone avec le roi. "Il n'y a pas eu de coup de téléphone, pas avec le roi en tout cas, mais avec l'entourage, certainement", répond André Flahaut.

L'erreur, ce serait de dire que la mission qui commence ne va servir à rien

Cette semaine, un duo de préformateurs a été nommé pour la deuxième fois: PS et N-VA se retrouvent côte à côte pour une mission que certains qualifient de façade.

Voici ce qu'en pense André Flahaut: "L'erreur à ne pas commettre aujourd'hui, ce serait de dire que la mission qui commence ne va servir à rien. Certes, ils ne vont sans doute pas déboucher sur la formule magique qui dira 'On va mettre tel et tel autour de la table, on va avancer et voilà le programme'. Il n'y a pas d'obligation de résultat, mais quand on s'engage dans une mission comme celle-là, c'est pas pour dire qu'on va rater".
 
Au pire, cela donnera peut-être même une image rare. A l’époque d’André Flahaut, c’était une poignée de main entre Elio Di Rupo, président du PS et Bart De Wever, président de la N-VA. Un moment symbolique… Même si après cela, la crise politique s’est poursuivie pendant un an, deux mois et un jour.

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