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Un problème abyssal va se présenter à la Belgique: si l'État ne trouve pas une solution, la FGTB promet la guerre (vidéo)

  • Le budget de la sécurité sociale va-t-il craquer? "Il y a un problème de recettes"

  • Robert Verteneuil - L’invité RTL Info de 7h50

 

"Le budget de la Sécurité sociale va craquer ?" a demandé ce matin notre journaliste politique Fabrice Grosfilley à Robert Vertenueil, le président de la FGTB, sur Bel RTL. "Il va craquer si on n'y prend pas garde. On voit bien qu'on a dû injecter 1,6 milliard de plus que le 1,4 milliard prévu dans la dotation fédérale pour assurer le budget de la Sécurité sociale à l'équilibre. Cette dotation est nécessaire. On se bat pour qu'elle soit maintenue et pas supprimée comme le gouvernement l'a prévu à partir de 2021", a répondu le syndicaliste.

Ce déficit devrait s'agrandir: "Quatre milliards en 2021, 6,3 milliards en 2024", poursuit-il. Et cela donc alors que le gouvernement a décidé sous la législature écoulée de ne plus compenser avec sa dotation le déséquilibre de la Sécu dès l'année prochaine.

On ne va pas laisser détruire cette cathédrale de la protection sociale

Robert Vertenueil: La Sécurité sociale a un problème du côté des recettes. Et non pas du côté des dépenses comme certains veulent le dire.

Fabrice Grosfilley: Il n'y a pas de problème à l'assurance-chômage, aux pensions, à l'assurance-maladie, c'est pas de là que ça vient ?

Robert Vertenueil: Il y a des dépenses qui évoluent en fonction de la population et qu'on connait. Venir tout à coup découvrir qu'il y a une augmentation dans les soins de santé et une augmentation dans les pensions, c'était...

Fabrice Grosfilley: C'était prévisible ?

Robert Vertenueil: C'est prévisible depuis toujours, on le sait. Ce qui est grave est qu'on ait pas anticipé ça et qu'on ait pas augmenté les recettes. Évidemment si on continue à donner des cadeaux à longueur d'années en donnant des réductions de cotisation sociales sans aucune condition aux employeurs... C'est 6 milliards pour l'année 2018. Donc, imaginez qu'on aurait donné ces 6 milliards à la Sécurité sociale, on n'aurait pas eu de déficit et même on aurait pu dispenser l'État de donner une dotation d'équilibre.

Fabrice Grosfilley: Ce que vous dénoncez, ce sont les réformes fiscales, et notamment la réforme du tax shift, qui ont permis de baisser les cotisations sociales des entreprises passées de 32 à 25¨%, c'est ça ?

Robert Vertenueil: Je dénonce qu'au fur et à mesure du temps, on a privé la Sécurité sociale de recettes qu'elle aurait dû avoir.

Fabrice Grosfilley: Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent qu'en réduisant les cotisations sociales, ça permet aux entreprises d'aller mieux, donc d'embaucher, et au final il y a donc plus de gens qui travaillent et c'est bénéfique pour la Sécurité sociale ?

Robert Vertenueil: Cela ne marche pas. Les chiffres démontrent que les effets retour ne sont pas du tout ceux escomptés. D'ailleurs les prévisions établies dans le budget du gouvernement ne sont pas du tout atteintes. C'est la preuve que quand on donne des réductions sans condition, ça n'a pas de sens.


La FGTB est prête à en découdre

En attendant, dans le journal Le Soir, le syndicaliste envoie un message préventif aux partis politiques: "Si vous formez un gouvernement en ne prévoyant pas de solution structurelle pour le financement de la Sécu, ce sera pour nous un casus belli. Et il ne faudra pas s'étonner de nous trouver dans la rue et devant les entreprises. On ne va pas laisser détruire cette cathédrale de la protection sociale", prévient le patron de la FGTB.

Et sur Bel RTL ce jeudi matin, il a rappelé sa détermination.

Fabrice Grosfilley: Vous êtes prêt à en découdre ?

Robert Vertenueil: La Sécurité sociale est la propriété des travailleurs. Si on l'attaque, si on la diminue, je serai prêt à en découdre avec n'importe quel gouvernement.

Fabrice Grosfilley: Si on ne prolonge pas la dotation de l'état fédéral au-delà de 2021 ou si on ne trouve pas d'autres sources de financement, vous en découdrez ?

Robert Vertenueil: Nous verrons comment nous en découdrons. Aujourd'hui, je fais un avertissement.

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