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Voici notre futur (probable) Premier ministre: qui est-il?

 
 

Le futur 1er ministre devrait être Kris Peeters, l’ex-ministre-président flamand et co-formateur CD&V (avec Charles Michel) de la future coalition "suédoise" de droite N-VA, CD&V, MR et OpenVld. Longtemps associé à la cause flamande, l’homme fort des socio-chrétiens flamands s’est montré, de plus en plus au fil des dernières années, respectueux de la partie francophone du pays. Il était par exemple en visite pour la 10ème année consécutive à la Foire agricole de Libramont hier.

Kris Peeters, un diplômé en droit fiscal, passe la première partie de sa carrière en tant que président de l’organisation patronale qui représentait les PME et les indépendants flamands. A son arrivée à sa tête, alors qu’il n’a qu’une trentaine d’années, il change d’ailleurs l’ancien nom de celle-ci, qui portait alors encore dans ses gènes l’appellation "chrétienne", en "Unizo", plus neutre, donc plus rassembleur.

Parachuté en politique par Yves Leterme

En 2004, Kris Peeters, qui ne s’était pas présenté sur une quelconque liste électorale, devient ministre flamand. Il est parachuté à cette place par le ministre-président flamand de l’époque, Yves Leterme, alors figure montante du CD&V. Il va marcher sur les traces de ce dernier, puisqu’à peine 3 ans plus tard, en 2007, Yves Leterme est appelé à négocier son futur gouvernement lors de la crise institutionnelle et politique de 2007-2008. C’est Kris Peeters qui le remplace en tant que ministre-président du gouvernement flamand. Il se maintiendra à la tête de la Flandre durant 2 mandats.

 

Il devient porte-voix des revendications flamandes

En quelques années, l’homme s’est fait plus qu’un nom en Flandre. Alors que l’étoile d’Yves Leterme a vite pâli pour n’avoir pas obtenu la réforme de l’Etat tant souhaitée par les Flamands, celle de Peeters brille de plus en plus. L’homme ne rate jamais une occasion de porter les revendications flamandes et, bien entendu pour un CD&V, ne rate jamais un Gordel. Décrit comme très intelligent par ses proches, il est réputé pour maitriser ses dossiers sur le bout des doigts et pour être ambitieux, à la fois pour lui-même et pour ceux qu’il représente (Unizo puis la Flandre).

La réforme de l'Etat acquise, il commence son opération séduction des francophones

Cela fait 10 années qu'il vient visiter la Foire de Libramont. De nombreux indépendants et entreprises flamandes actifs dans l’agriculture y sont en effet présents. Mais depuis le début de son dernier mandat à la tête de la Flandre, et singulièrement depuis que son parti est parvenu à négocier la 6ème réforme de l’Etat accordant plus d’autonomie aux Régions, le discours de Peeters par rapport aux francophones s’est considérablement adoucit. On l’a même vu en "campagne" en Wallonie, par exemple du côté de Liège, ces dernières années, alors qu’il n’avait rien à y gagner politiquement… si ce n’est se préparer pour la prochaine étape.

Pourquoi Kris Peeters a 99,9% de chances de devenir Premier ministre:

Avant les élections, il avait déclaré qu’en cas de non-défaite de son parti aux élections, soit il rempilerait à la tête de la Flandre pour un 3ème mandat, soit il briguerait une place de choix au fédéral. Il y a 5 jours, Kris Peeters a dit officiellement au revoir au gouvernement flamand, le N-VA Geert Bourgeois lui succédant. La première option étant écartée, et puisqu’il a été nommé co-formateur du futur gouvernement fédéral avec Charles Michel du MR par le Roi, la suite de la carrière de Kris Peeters ne fait aucun doute. Il devrait en toute logique ramener son parti à la tête du pays. Une tradition au CD&V, puisque depuis la création du pays, les chrétiens ont été 67 fois à la tête d'un gouvernement belge sur un total de 92 gouvernements. Autre tradition : le formateur du gouvernement devient presque toujours le Premier une fois l’accord de gouvernement conclu. Politiquement, cela fait également sens, puisqu’il y aurait une incohérence totale dans le chef des nationalistes de la N-VA, même s’ils sont le 1er parti de Belgique, à diriger le pays… et qu’ils sont  désormais à la tête la Flandre à la place du CD&V. L’option Charles Michel, elle, ne semble pas sérieuse. Parce que le MR n’est pas le 1er parti francophone et n’a pas de majorité dans son groupe linguistique ; et parce qu’on voit mal les Flamands, majoritaires, laisser deux fois de suite le poste de Premier ministre à un francophone tout en privant l’ambitieux CD&V de toute première place dans un gouvernement.




 

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