En ce moment
 
 

Wilfried Martens est décédé à l'âge de 77 ans

 
 

L'ex-Premier ministre Wilfried Martens a perdu la vie à son domicile dans la nuit de mercredi à jeudi. L'homme aux 9 gouvernements avait des problèmes de santé depuis plusieurs années. Il avait 77 ans.

Wilfried Martens est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, a communiqué le Parti populaire européen (PPE), dont il était le président. L'ancien Premier ministre belge CD&V avait 77 ans. Il est décédé à son domicile de Lokeren en présence de son épouse Miet Smet et de ses enfants. Il avait fait ses adieux à ses proches au cours des derniers jours. Les funérailles auront lieu le samedi 19 octobre dans la cathédrale Saint Bavon de Gand.        

Les problèmes de santé ont poursuivi Wilfried Martens au cours de ses dernières années. Il avait été hospitalisé en urgence à la fin août pour des problèmes de coagulation sanguine.     

> VOIR TOUS LES REPORTAGES DU JOURNAL DE 13H 

> VIDEO: SON MARIAGE AVEC MIET SMET 

Vive tensions communautaires
 
Nul n'a dirigé autant de gouvernements et n'a été premier ministre aussi longtemps que Wilfried Martens. De 1979 et Martens I à 1992 et Martens IX, le social-chrétien flamand a mis en musique à peu près toutes les gammes de coalition au cours d'années difficiles marquées par une grande instabilité.

Le nombre de gouvernements dirigés par Wilfried Martens témoigne en effet de l'instabilité politique de l'époque. Les tensions communautaires sont vives et les gouvernements tombent comme la pluie. Le Pacte d'Egmont voulait régler une fois pour toutes de nombreux problèmes; son échec fera perdre de longues années à la Belgique. Un dossier parmi d'autres empoisonne le climat politique: celui des Fourons, du nom d'un petit village du Limbourg, dont la majorité des habitants réclame le retour en province de Liège. La saga de la nomination de son bourgmestre, José Happart, et la violence des affrontements qui s'y déroulent révèlent la fracture profonde entre Flamands et francophones, et en leur sein entre régionalistes et communautaristes.

Retour d'une stabilité provisoire en 1993

Sur fond de déclin industriel, la Wallonie veut prendre en mains les outils de son redressement face à une Flandre qui ne veut plus "mettre un franc flamand dans l'acier wallon". Quant à la création de la Région bruxelloise, elle "reste au frigo", comme l'improbable chaînon manquant du "107 quater" de la Constitution qui prévoit de créer trois Régions. Les grandes réformes de l'Etat de 1988 et de 1989 donneront des réponses, au moins partielles, à ces problèmes. La stabilité (provisoire) attendra 1993, et un certain Jean-Luc Dehaene.     

Austérité et "années de plomb"

Les années Martens sont celles de l'austérité et des "pouvoirs spéciaux" que le gouvernement s'accorde pour redresser l'économie belge. Un jeune et ambitieux ministre du Budget y gagne le surnom de "Baby Thatcher": Guy Verhofstadt. Elles sont aussi les "années de plomb": de 1983 à 1985, les Cellules Communistes Combattantes (CCC) commettent plusieurs attentats tandis que les tueurs du Brabant sèment la mort. En 1985, le drame du Heysel secoue la Belgique et la "responsabilité morale" de l'événement divise le gouvernement qui ne résistera pas à la rupture de la confiance entre les partenaires. 

L'Europe après la Belgique 

Exilé de la scène nationale, Wilfied Martens à l'inébranlable "wî" se consacrera à l'Europe et au Parti Populaire Européen (PPE) dont il a pris la présidence en 1990. L'ex-Premier ministre refera deux brèves incursions sur la scène belge au cours de la crise institutionnelle qui suit les élections de 2007. En décembre 2008, le roi le charge d'une mission d'exploration qui débouchera sur la désignation d'Herman Van Rompuy (CD&V) comme formateur et puis Premier ministre. En novembre 2009, il lui demande d'accompagner "une transition rapide et efficace" après le départ du même Van Rompuy pour le Conseil européen. Il lui reviendra de définir une procédure de négociation institutionnelle que mènera, sans succès, un certain... Jean-Luc Dehaene.     

 

Il épouse Miet Smet

Ces dernières années, la vie privée de l'ancien premier ministre a été sous le feu des projecteurs. En septembre 2008, il a épousé Miet Smet. La rumeur leur prêtait une relation de longue date que les intéressés ont démentie. "Ce fut un long chemin mais je n'en dirai pas beaucoup des étapes intermédiaires", a expliqué M. Martens.     

Wilfried Martens a eu deux enfants de sa première épouse, Lieve Verschroeven, et trois de sa deuxième femme, Ilse Schouteden.        


 

Vos commentaires