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800.000 Belges n’ont jamais utilisé Internet: "La fracture numérique isole"

800.000 Belges n’ont jamais utilisé Internet: "La fracture numérique isole"
 
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Dans notre pays, près d'un belge sur 10 n'a jamais utilisé Internet. Une statistique qui émane de la fondation Roi Baudoin. La fracture numérique est de plus en plus forte.

Les chiffres interpellent. Carine Verbist, la porte-parole de la fondation Roi Baudouin, est venue en parler en direct dans le RTL Info 13 heures d’Alix Battard.


A.B. : Entre ceux qui sont hyper-connectés et ceux qui n'ont jamais été sur le moindre site, la fracture numérique se creuse. Elle est de plus en plus forte?

C.V. : C’est ce qu’on observe au fur et à mesure des années. Les inégalités d’accès diminuent mais elles s’aggravent. Ça veut dire que les personnes qui sont touchées sont plus impactées. On peut faire la distinction entre d’une part ces 10%, soit plus de 800.000 Belges qui n’ont jamais été sur Internet, et d’autre part, les personnes qui ont accès à Internet mais qui ne disposent peut-être pas des compétences suffisantes pour pouvoir utiliser toutes les possibilités d’Internet, qui nous facilitent la vie au quotidien.


A.B. : Qui sont ces personnes qui vivent sans ces nouveaux outils aujourd’hui?

C.V. : On connaît tous potentiellement quelqu’un qui peut être concerné, mais on observe que dans la société, différentes catégories de personnes sont concernées. Ce sont principalement les personnes âgées, les personnes avec un faible niveau d’éducation, et les femmes.


A.B. : La fracture numérique isole, mais elle empêche, en plus, de faire un tas de choses…

C.V. : Tout à fait ! Effectuer des opérations bancaires, remplir sa déclaration d’impôts, chercher du travail, chercher un logement, même suivre la scolarité de ses enfants. Tout ça passe maintenant par le digital. Alors, c’est une bonne chose, on n’est pas du tout en train de dire qu’il faut faire marche arrière, loin de là. Mais il faut prêter une attention aux personnes qui sont fragilisées, qui sont éloignées du numérique, les accompagner, pour qu’elles puissent devenir autonomes.


A.B. : Comment s’y prendre, comment reconnecter ces personnes?

C.V. : Tout le monde peut agir à son niveau. Les services publics sont dans une démarche de digitalisation croissante. A nouveau, c’est une bonne chose. Mais si on veut que ces services en ligne soient profitables pour toute la population, il faut que les personnes fragilisées puissent être accompagnées par les acteurs de l’inclusion numérique. Pareil pour les acteurs du secteur privé: les banques, les assurances, qui digitalisent un maximum les services. Là aussi il y a peut-être un effort de vulgarisation des démarches à faire.

Finalement, il faut soutenir les acteurs de terrain, les acteurs de l’inclusion numérique, et c’est une des missions de la fondation Roi Baudouin. On a accordé un soutien de 300.000 euros en 2018 à 27 projets, pour justement accompagner au quotidien ces personnes qui sont éloignées du numérique.


 

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