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"Il ne s'agit pas de bons sentiments, il s'agit d'investir dans notre sécurité": pourquoi dire cela sur l'accueil des migrants?

Federica Mogherini, qui dirige la diplomatie européenne, estime que l'accueil des réfugiés dans l'UE n'est pas une question "de bons sentiments" mais un moyen "d'investir dans notre sécurité", dans un entretien paru mercredi dans Libération.

Alors que la Hongrie a construit une clôture antimigrants à sa frontière avec la Serbie et envisage de le faire sur celle avec la Roumanie, Mme Mogherini juge qu'"il sera très difficile d'aller expliquer au Moyen-Orient qu'il faut respecter les droits des minorités si l'on a des discours et des pratiques discriminatoires à l'intérieur de l'Union".

Pour la chef de la diplomatie de l'Union européenne, "la majorité des réfugiés fuient l'Etat islamique, une organisation que nous combattons. Si nous n'accueillons pas ces victimes du terrorisme, si nous ne sommes pas capables de les protéger, quel message leur enverrons-nous, ainsi qu'au reste du monde ?"

L'Italienne Federica Mogherini assure qu'"il ne s'agit pas de bons sentiments, il s'agit aussi d'investir dans notre sécurité en se montrant accueillant".

En effet, "si ces réfugiés sont coincés entre l'Etat islamique et le régime d'Al-Assad qu'ils fuient et des pays qui les repoussent, croit-on que ce sera le meilleur moyen d'empêcher le développement des mouvements terroristes dans la région et en Europe ?" interroge-t-elle.

Elle réfute l'idée, avancée notamment par l'extrême droite, que des jihadistes puissent se dissimuler parmi les réfugiés. "Cela n'aurait aucun sens pour un aspirant terroriste de se présenter comme réfugié alors que ses empreintes sont automatiquement enregistrées dans le fichier Eurodac. Ils ont des filières bien plus sûres", affirme Mme Mogherini qui rappelle que les attentats qui ont eu lieu eu Europe "ont été commis par des citoyens européens ou des résidents de longue date..."

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