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"Laisser des ados belges pourrir dans des camps de réfugiés en Syrie, c'est le plus mauvais pari qu'on puisse faire"

  • Quel avenir pour les enfants de djihadistes belges en Syrie?

  • Rencontre avec une djihadiste belge détenue en Syrie

 

Des femmes belges sont enfermées en Syrie avec leurs enfants, comme Mina rencontrée par Jean-Pierre Martin. Que faire de ces enfants et adolescents ? Eléments de réponse avec Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant.

Jean-Pierre Martin et Samuel Lerate ont tourné un reportage édifiant dans un camps où sont enfermés des femmes djihadistes et leurs enfants. Les images diffusées dans le RTLINFO 19h lundi soir montrent Mina, une mère de famille. La femme qui n'a pas conscience d'avoir commis une faute souhaite que sa fille retrouve une vie normale en retournant à l'école et en ayant des repères.

Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant, était invité sur le plateau du RTLINFO 13H. Il a répondu aux questions d'Olivier Schoonejans.


Olivier Schoonejans: Que faire des enfants enfermés dans ces camps?

Bernard De Vos:
La situation des enfants qui sont détenus dans les camps, gérés notamment par les Kurdes, est évidemment peu enviable. La situation d'autres enfants dans les camps de réfugiés aux abords de la frontière syrienne ou irakienne n'est pas plus enviable. Je pense qu'il faut ramener ces enfants le plus rapidement possible sur le territoire belge pour permettre que l'impact sur leur développement soit le moindre possible.


O.S.: Comment on s'assure qu'une fois de retour en Belgique, ils n'ont pas été trop endoctrinés par les thèses djihadistes?

B.D.:
Il faut savoir que la grosse majorité des enfants belges qui sont maintenus sur le territoire syrien ont en dessous de 6 ans. Donc ce sont encore des petits enfants qui n'ont pas été en contact avec des actions de guerre. Ils ont été sans doute traumatisés par des bombardements ou des actions violentes dont ils ont été témoins, mais auxquels ils n'ont pas participé. Pour ces enfants, et je pense que le gouvernement est assez clair, il y a des laisser-passer qui peuvent être distribués relativement rapidement pour les faire revenir. Mais le problème auquel on se confronte est qu'on n'a pas de représentation diplomatique sur place et c'est extrêmement compliqué.


Les adolescents qui ont 15, 16 ou 17 ans aujourd'hui et que se trouvent en Syrie. Ils sont mineurs, mais, contrairement aux petits enfants, ils pourraient avoir des idées plus ancrées. Pour le délégué général aux droits de l'enfant, ils doivent aussi revenir sur le territoire belge. Bernard De Vos pense qu'il faut avoir un screening "sécuritaire".

B.D.:
Les enfants de plus de 12 ans, qui sont aussi sur le territoire, doivent rentrer puisqu'on peut très bien envisager la question sécuritaire et la traiter notamment par un enfermement provisoire, une détention provisoire de ces enfants dans le cadre des dispositifs de protection de la jeunesse. Puis après, il faut progressivement tenter de les réinsérer parce que l'avenir est là. Laisser des adolescents pourrir dans des camps de réfugiés alors qu'ils pourront toujours prétendre à la nationalité belge, c'est évidemment le plus mauvais pari qu'on puisse faire. On imagine le sentiment qu'il pourrait développer par rapport à la Belgique et ce qui pourrait se passer plus tard.

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