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"Mais quelle mouche a piqué la direction?": tensions sociales chez AG Insurance où les syndicats menacent de faire grève

La direction aurait adopté de nouvelles conventions collectives uniquement avec le syndicat chrétien flamand.Les autres syndicats lui laissent jusqu'à demain soir pour faire marche arrière. Dans le cas contraire, la grève sera votée.

Les syndicats Setca/BBTK, CNE et CGSLB/ACLVB reprochent à la direction d'AG Insurance de "bafouer la concertation sociale" après l'adoption par l'entreprise d'assurances d'une série de conventions collectives de travail (CCT) avec le seul syndicat chrétien flamand LBC.

Les autres syndicats menacent de mener des actions et grèves si la direction ne fait pas machine arrière d'ici vendredi soir.

Le conflit social est lié à la volonté de la direction de modifier des conventions collectives de travail dans le but d'harmoniser les systèmes d'avantages extra-légaux au sein de l'entreprise (assurances groupes, hospitalisation, etc.) et d'introduire un nouveau système d'horaires flottants.

Selon les syndicats, la direction ne leur a laissé que 24 heures pour signer un protocole d'accord à ce sujet.


Une pétition signée par plus de 2.000 travailleurs 

"Le front commun syndical Setca/BBTK, CNE et CGLSB/ACLVB n'avait rien contre le fond du dossier et n'était pas contre le fait de (re)négocier les conditions de travail et avantages en nature au sein de l'entreprise. Mais il s'est directement insurgé contre les méthodes utilisées par la direction et a refusé de céder à ce qui ressemblait fort à un passage en force. Malgré une pétition ayant récolté la signature de plus de 2.000 travailleurs (qui étaient contre), la direction et la LBC (seule) ont décidé de signer ce fameux protocole d'accord qui prévoit une concrétisation à travers la conclusion de CCT", déplorent les syndicats dans un communiqué.

Dernièrement, les syndicats ont appris que des CCT d'entreprise ont été signées avec la seule LBC. "Il est inconcevable que l'on fasse en sorte de changer des conventions collectives et d'en introduire de nouvelles sans débat au conseil d'entreprise et qu'une organisation syndicale signe les conventions en catimini", s'insurge Jean-Michel Cappoen, secrétaire général du Setca, contacté par l'agence Belga.


"Mais quelle mouche a piqué la direction?"

 

"Mais quelle mouche a piqué la direction? Nous ne sommes pas dans une épicerie, AG Insurance est le plus gros assureur du pays! Et son CEO, Hans De Cuyper, est également président d'Assuralia (la fédération du secteur des assurances, NDLR)".

Regrettant que "les règles les plus élémentaires de la concertation sociale" aient "été bafouées" et dénonçant l'illégalité des changements adoptés, les syndicats prévoient d'introduire, dès ce vendredi matin, une plainte auprès de l'inspection sociale. Le front commun lance surtout un ultimatum à la direction et lui laisse 24 heures, soit jusqu'à vendredi soir, pour retirer et annuler les CCT signées avec la LBC.

"Passé ce délai, les organisations syndicales se réservent le droit d'utiliser toutes les voies légales pour se défendre et de lancer un plan d'actions et de grève", avertissent-elles.

 

Ces actions pourraient s'avérer "musclées", selon M. Cappoen. La direction se dit jeudi soir "surprise et déçue par l'attitude d'un certain nombre d'organisations syndicales." Elle note que "les réactions ne portent pas sur le contenu des propositions et espère que les syndicats pourront signer l'accord sur base de la qualité de celle-ci."


Des négociations avec tous les représentants syndicaux 

AG Insurance confirme qu'elle a signé 4 CCT avec l'organisation syndicale LBC. "Ces accords s'articulent autour de trois thèmes: un nouveau package d'assurance, une série de mesures visant à renforcer l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et des mesures permettant d'expérimenter, dans un contexte limité (environ 100 personnes) et sur base volontaire, "de nouvelles formes de flexibilité qui répondent aux nouveaux besoins des clients", explique la direction.

Elle précise que ces propositions ont fait l'objet de négociations avec tous les représentants syndicaux depuis le mois de septembre 2017 et que son intention a toujours été de discuter avec toutes les parties.

"Après 8 mois, la direction a toutefois considéré que la prolongation des négociations n'avait aucun sens et que, vu les évolutions rapides dans le secteur, il était dans l'intérêt des collaborateurs de concrétiser les propositions dans des CCT avec la LBC, et ceci, conformément aux procédures légales", explique-t-elle enfin. Elle ajoute que les propositions ont été expliquées au personnel durant des sessions d'information.

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