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"On veut savoir ce qui se passe sur nos campus": que font les universités pour lutter contre les agressions sexuelles?

Hier soir, suite à une agression sexuelle survenue sur le campus universitaire de Louvain la Neuve, une jeune étudiante dénonçait le peu de suivi et d'encadrement des victimes de ce genre de faits par les autorités universitaires. Une équipe du RTL INFO 19H s'est penchée sur la sécurité des campus. C’est un sujet sensible, quand on sait que dans un récent sondage, rien qu'à l'Université Catholique de Louvain (UCL), 32% des étudiantes expriment un sentiment d'insécurité.

Un verre d’alcool à la main, un intercours au soleil ... sur le campus de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), un climat rassurant ferait presque oublier certains dangers. Et pourtant, les caméras de surveillance sont présentes car ici, il y a en moyenne une agression sexuelle par an. "Je vois souvent des gens de la sécurité qui font le tour, même le soir, quand on passe le soir, c’est rassurant", dit une étudiante.


"En journée, en général, ça va, c’est surtout le soir..."

A quelques kilomètres de là, sur le campus universitaire de Louvain-la-Neuve, 32% des étudiantes se sentent en insécurité, contre 17% pour les leurs homologues masculins. "Je me suis déjà fait insulter, en rentrant de soirée, mais je n’avais pas l’impression qu’il allait me faire du mal, donc ça ne m’a pas fait plus peur que ça", confie une jeune femme. "En journée, en général, ça va, c’est surtout le soir, quand il n’y a plus beaucoup de monde, qu’on ne voit pas trop bien, il n’y a pas beaucoup de lumière…", dit une autre.

L’obscurité, c’est l’un des éléments qui favorisent le sentiment d’insécurité. Pour limiter les risques d’agression, L'Université Catholique de Louvain (UCL) propose un plan à ses étudiants. Il reprend les chemins éclairés à emprunter en retour de guindaille.



"Pour les étudiants, il y a d’abord un numéro d’appel, une centrale d’appel 24 heures sur 24, qui va toujours leur permettre de joindre quelqu’un, et d’exposer leurs problèmes. Ça peut être un vol, ça peut être une agression, ça peut être une aide médicale… donc ça va un peu dans tous les sens"
, explique Alan Cerise, directeur du service de gestion de la sûreté de l’UCL.


"Croire qu’un réseau de caméras réglerait tout..."

Dès la tombée de la nuit, les rues estudiantines de Louvain-la-Neuve enregistrent entre 2000 et 5000 personnes. Pour les encadrer, il y a une dizaine d’agents de gardiennage, deux patrouilles de police, mais ici, aucune caméra de surveillance... et c’est un choix délibéré de la ville. "Il faudrait en mettre énormément pour baliser tout le site de Louvain-la-Neuve, avec l’inconvénient qu’à ce moment-là, la personne qui doit contrôler ça au poste de police se trouve devant une jungle de caméras, et l’efficacité est diminuée. Croire qu’un réseau de caméras réglerait tout, je crains que non", affirme Jean-Luc Roland (Ecolo), bourgmestre d'Ottignies-Louvain-la-Neuve.


"On veut savoir ce qui se passe sur nos campus"

Les universités sont nombreuses à mettre en place des campagnes de sensibilisation. Depuis peu, l’Université Libre de Bruxelles (ULB) offre un service d’accompagnement aux étudiants victimes d’agression sexuelle. "On veut savoir ce qui se passe sur nos campus, et donc nous allons envoyer un questionnaire à remplir par tous les membres de la communauté universitaire, que ces personnes puissent rapporter tous les comportements, soit discriminatoires, soit de harcèlement, soit des agressions sexuelles", explique Laurent Licata, vice-recteur de l’ULB.

Les agressions sur les campus ne sont donc pas rares, mais toutes ne sont pas signalées... Et seul 10% des victimes portent plainte.

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