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"Tintin au Congo doit être interdit"

 
 

Le procès civil de l’affaire Tintin a débuté ce vendredi matin à Bruxelles. Selon le plaignant, l’album "Tintin au Congo" écrit en 1936 par Hergé donne une mauvais image des Africains.

Cela fait quatre ans que Bienvenu Mbutu Mondondo essaye de faire retirer des rayons de nos librairies la bande dessinée "Tintin au Congo". Les avocats de l'asbl française Le Cran (Conseil représentatif des Associations Noires) et de Bienvenu Mbutu Mondondo ont donc plaidé, vendredi devant le tribunal de première instance de Bruxelles, en référé. Ils ont réclamé la fin de la publication de la BD au motif qu'elle est discriminante à l'égard des personnes de peau noire.

 

Arguments du plaignant

Pour ce faire, ses avocats ont tenté de démontrer ce vendredi matin le caractère raciste de la bande dessinée devant le tribunal de Bruxelles. "Les Africains se ressemblent tous. Ils ont l’air systématiquement ahuris", a affirmé Maître Alain Amici à Amélie Schildt pour RTL TVI. Le représentant légal de Bienvenu Mbutu Mondondo a ajouté : "Ils sont dans l’incapacité de parler correctement la langue française. Ils commettent des fautes évidentes (…) Ils ont l’air paresseux". De plus, le mot "nègre" est régulièrement utilisé dans l’ouvrage. De nos jours, l’utilisation de ce terme a un caractère hautement péjoratif.

Encadrée ou relativisée

"Cette bande dessinée doit au moins être encadrée, relativisée", a plaidé Me Ahmed L'Hedim, conseil des demandeurs. "Nous sommes bien conscients que la liberté d'expression doit être respectée mais il y a des limites à cette liberté". Le Cran et M. Bienvenu Mbutu Mondondo demandent au tribunal, à titre principal, la suppression de la BD "Tintin au Congo".

A titre secondaire, ils réclament qu'un bandeau d'avertissement et qu'une préface soient apposés et qui mettraient en garde les lecteurs du caractère discriminant de l'oeuvre, en rappelant le contexte dans lequel Hergé l'a réalisée. Mais aussi, cette BD devrait être déplacée des rayons enfants des librairies vers les rayons adultes, selon eux.

"Il est clair que les stéréotypes figurant dans ce livre lu par un nombre considérable d'enfants ont encore des conséquences sur leur comportement à l'heure actuelle. Le racisme trouve son ancrage dans ce genre de stéréotypes", a plaidé Me Alain Amici, également conseil des demandeurs. Les défendeurs, la SA Moulinsart et les éditions Casterman, plaideront quant à elles le 14 octobre prochain.




 

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