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Politiciens et petits producteurs n'en peuvent plus de l'AFSCA: mais comment la réformer?

Denis Ducarme, le ministre de l'Agriculture, critique les manières de faire de Véviba, l'entreprise de transformation de viande de Bastogne. Il évoque même à l'encontre de cette entreprise des "pratiques mafieuses".

 

L'AFSCA dans l'oeil du cyclone

Le ministre s'en prend aussi à l'AFSCA, l'Agence Fédérale de la Sécurité de la Chaîne Alimentaire. Il ne comprend pas comment l'agence de contrôle de la chaîne alimentaire a tant tardé pour contrôler l'entreprise.

Denis Ducarme dit avoir constaté des déficits en matière de contrôles et de transmission de l'information. Il veut auditer et réformer l'organisme, mais ce n'est pas assez pour l'opposition. Pour Ecolo, c'est tout le modèle agroalimentaire qu'il faut repenser. Le PS et le cdH réclament, quant à eux, que l'AFSCA passe sous la tutelle du ministère de la Santé. Le sp.a va même jusqu'à réclamer la démission de l'administrateur-délégué de l'agence. Tous veulent donc du changement mais ne sont pas d'accord sur la manière. Un débat qui dure quasiment depuis la création de l'agence. Il y a 10 ans, la tutelle de l'AFSCA a été transférée du ministère de la Santé à celui de l'Agriculture et aujourd'hui, comme à l'époque, le problème reste le même: trouver le bon équilibre, que ce soit entre les normes sanitaires et l'économie du secteur, les consommateurs et les producteurs ou encore entre les petites et les grosses productions.

 

Qu'en pensent les acteurs de terrain?

Loin des débats politiques, Freddy Vanderdonck, fermier et producteur local, témoigne de sa réalité: "D'un côté, l'AFSCA sait faire beaucoup de progrès au niveau hygiène, que ce soit dans les fermes ou ailleurs et d'un autre côté, il y a certains moments où il y a des règles qui sont appliquées d'une façon un peu trop rigoureuses pour des petits ateliers artisanaux".

Pour Freddy, le vrai problème c'est le système agroalimentaire actuel. Un avis que partage le docteur Alain Schoonbroodt, vétérinaire: "Je crois que les gros acteurs provoquent de plus gros problèmes que des petits exploitants locaux. Le marché du terroir n'a jamais provoqué des crises aussi profondes que la dioxine ou la vache folle par exemple".

Sur le terrain, les acteurs veulent que les géants de la distribution et les consommateurs se tournent vers les petits producteurs et que, par exemple, les abattoirs artisanaux puissent ouvrir leurs portes.

Le ministre wallon de l'Agriculture, René Collin va rencontrer les responsables du secteur de la viande bovine ce mardi. Le scandale Véviba est aussi à l'ordre du jour du parlement wallon.

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