12.000 dossiers toujours en attente: les handicapés sont-ils délaissés par les pouvoirs publics?

12.000 dossiers en attente, une ligne téléphonique où personne ne décroche : les personnes handicapées rencontrent de nombreuses difficultés depuis des années avec le SPF Sécurité sociale. Des professeurs d’université signent une lettre ouverte pour dénoncer cette situation.

Impossible de joindre quelqu’un au numéro de contact de la direction générale chargée des personnes handicapées. Des centaines de milliers d’appels sont restés sans réponse l’an dernier. C’est pourtant le seul numéro qu’il faut composer pour demander une allocation pour personnes handicapées, une carte de stationnement ou signaler un changement de situation.

Alexis de Boe est non-voyant. Il a été confronté à ces difficultés. "Là en l'occurrence je venais de perdre mon boulot, donc ma situation financière changeait et ça rendait la démarche d'autant plus importante", a-t-il confié à nos journalistes Laxmi Lota et Bruno Spaak.

Alexis de Boe le rappelle : le téléphone est pourtant le moyen le plus approprié pour de nombreuses personnes handicapées. "Il y a beaucoup de personnes handicapées confrontées à des soucis de mobilité. Je pense aux personnes aveugles comme moi mais aussi aux personnes se déplaçant en chaise roulante".

Le formulaire de contact en ligne n’est pas non plus efficace, victime de pannes ou d’un manque de personnel pour y répondre. Pourquoi plus de 12.000 dossiers sont-ils toujours en attente ? "On a un système dans lequel théoriquement on travaille comme on veut, quand on veut, et cela pose des problèmes d'organisation et il y a également un manque de personnel et de nombreuses personnes qui quittent l'administration car l'ambiance n'est pas suffisamment correcte", a indiqué Didier Coeurnelle, fonctionnaire au SPF sécurité sociale.

En réponse à ces difficultés qui durent depuis des années, le porte-parole du Ministre Kris Peeters, désormais en charge du dossier, assure : "Nous étudions ce qui est possible"… Mais, il admet : "Ce sera difficile…"

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