3.500 scientifiques interpellent les politiques: "On va vers un réchauffement de 3 degrés, ce qui engendrera des catastrophes"

Les gouvernements du pays doivent urgemment se montrer plus ambitieux dans leurs politiques climatiques. C'est ce que clament quelque 3.455 membres du monde académique dans une lettre ouverte publiée jeudi dans plusieurs journaux. "Nous, scientifiques, ne pouvons que soutenir les raisons des activistes face aux évidences des changements climatiques. Il est nécessaire qu'un débat et que des actions collectives soient entrepris pour engranger une forte transition vers une société zéro carbone", écrivent les membres du collectif Scientists4climate.

Franck Pattyn était l'invité du RTL info 13h pour en parler. Il est glaciologue et professeur à l'ULB, l'université libre de Bruxelles. "On veut donner à ces jeunes un soutien, mais surtout, avec les 3.455 signatures, on veut appeler le gouvernement et les politiques en général à prendre des mesures concrètes et structurelles, pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, voire 1,5 degré, comme prévu lors de la COP21 à Paris", a-t-il déclaré.

Et on en est loin. "Quand on voit les mesures prises actuellement, on va vers un réchauffement de 3 degrés à la fin du siècle, ce qui engendre des catastrophes", déplore-t-il.

Des coûts importants à prévoir au niveau de l'adaptation des régions côtières

Notre invité "travaille sur les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique: une grande perte de glace n'est pas exclue au-delà de 2 degrés de réchauffement, et ça mènerait à des hausses conséquentes du niveau des mers".

Dès lors, c'est même économiquement très important de limiter le réchauffement, "car le coût des adaptations nécessaires (pour protéger les zones côtières en cas de hausse du niveau de la mer) devient nettement plus important au-delà de 2 degrés".

Que faut-il faire ?

Pour le professeur Frank Pattyn, il faut plus que des modifications d'habitudes quotidiennes pour changer les choses.

"Il faut des mesures structurelles, or l'accord de Paris ne dit pas ce qu'il faut faire pour limiter les émissions de CO2 d'ici 2035, et les annuler d'ici 2050. Chaque pays est libre quant à la manière. Il y a une combinaison de mesures à prendre, au niveau des bâtiments, de la mobilité, de l'énergie renouvelable".

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