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50 ans de mai 68: la contestation populaire en France s'est-elle exportée chez nous?

Auteur de l'ouvrage "Mai 68 en Belgique", Serge Govaert répond aux questions de Caroline Fontenoy sur le plateau du RTLInfo 13H.

À l’occasion du cinquantenaire de Mai 68, le politologue Serge Govaert évoque comment ce mouvement contestataire a été vécu en Belgique. Si en France, il y a eu une concordance entre les révoltes des ouvriers et des étudiants, ce ne fut pas le cas chez nous. "Ça se résume à l’occupation de l’ULB, de quelques écoles d’art, du Palais des beaux-arts, de l’université de Gand et de Liège", explique Serge Govaert.


"La lutte linguistique s’est transformée en un combat beaucoup plus radical" 

Alors que cette époque marquait le début d’un combat linguistique en Belgique, d’autres sujets de protestation sont venus s’y greffer.
"Les étudiants flamands de Louvain descendent dans la rue pour demander que la section francophone parte en Wallonie. Très vite ils ont contesté, à travers ça, l’épiscopat, la bourgeoisie, l’état belge et l’establishment", raconte le politologue. "La lutte, au départ linguistique, s’est transformée en un combat beaucoup plus radical à l’image de ce qui se fait en France à ce moment-là", poursuit-il.


"La parole libérée n’est pas toujours n’est pas très propre non plus"

En France comme en Belgique, cette époque marque une certaine libération de la parole. "La société, avant mai 68, était très corsetée. On ne dit pas ce qu’on veut quand on veut", explique Serge Govaert. Cette libération de la parole aurait eu des effets pervers, estime-t-il. "Parce que la parole libérée n’est pas toujours n’est pas très propre non plus", dit-il.

Le politologue rappelle que mai 68 est parti de la transformation du système universitaire. Pas sûr que la prochaine révolution sociétale passe également par les universités.

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