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Amnesty International accuse la police de profilage ethnique: "On contrôle des personnes parce qu'elles ont une couleur de peau différente"

Amnesty International publie un nouveau rapport concernant les contrôles de police et dénonce un profilage ethnique lors de ces contrôles d’identité.

"On arrête des personnes, on contrôle des identités sans aucune raison valable mais simplement parce qu’elles ont une couleur de peau, une origine ethnique différente", détaille Philippe Hensmans, directeur général Amnesty International Belgique sur le RTL Info 13h. 


"Dire que ça n’existe pas est faux"

"Nous avons mené une enquête auprès de 9 zones de police et auprès de la police fédérale. On a interrogé des policiers et des personnes qui avaient été victimes de ce profilage ethnique", explique-t-il. Pourtant, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon dément. Selon lui, cette pratique illégale ne fait pas partie de la politique de la police belge. 

"Dire que ça n’existe pas est faux. La fréquence avec laquelle ça se déroule reste à prouver", réplique le directeur général Amnesty International Belgique. Avant d'ajouter: "Il est clair qu’aujourd’hui, les policiers eux-mêmes nous disent 'Oui je le pratique, je ne sais pas très bien comment faire autrement. J’aurais besoin d’une formation ou de personnes vers qui je pourrais me tourner pour m’informer".


Vers l'enregistrement des contrôles d'identité?

Afin d'éviter le recours à cette pratique illégale, Amnesty International préconise de développer deux axes. L'organisation indique qu'une "meilleure formation des policiers" est indispensable. Dans le même temps, elle affirme que l'enregistrement systématique des données sur les contrôles d'identité permettrait d'éviter de telles actions.  

"Ça permet de vérifier la fréquence à laquelle une même personne peut être contrôlée. C’est extrêmement important, aussi pour la personne car ça lui permet d’avoir la preuve qu’elle a été contrôlée trop souvent", déclare Philippe Hensmans. 


Des formations mises en place

"Jamais un ministre de l'Intérieur n'a fait autant d'effort pour lutter contre le profilage ethnique", estime le porte-parole de Jan Jambon, Olivier Van Raemdonck.

Les dangers de ce type d'intervention sont abordés lors des formations et plusieurs initiatives ont été prises ces dernières années. Ainsi, les agents de l'aéroport de Zaventem sont formés depuis 2014 au profilage prédictif (ou "behaviour detection"), une technique qui vise à détecter des situations suspectes sur la base d'indicateurs objectifs, souligne M. Van Raemdonck.

Ces formations de trois jours sont à présent étendues à tout le pays, ajoute-t-il. Avant de préciser que les autorités restent "ouvertes à toute amélioration", sachant que 45 à 50.000 agents travaillent pour la police intégrée et que certains pourraient être mieux sensibilisés à la problématique.  

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