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Un tiers des familles wallonnes et bruxelloises sont monoparentales: "Le moindre accident de la vie a un impact plus important"

Un tiers des familles wallonnes et bruxelloises sont monoparentales:
©Pixabay
 
 

C'est un chiffre qui augmente constamment : les personnes isolées et les familles monoparentales représentent près de la moitié des ménages, en Belgique. Ils sont maintenant 2.300.000, soit un quart de plus qu'il y a 20 ans. C'est le cas de Marie 33 ans, mère de 2 enfants. Elle vit à Bruxelles depuis 2 ans. Sans emploi, elle doit régulièrement faire appel à des associations pour nourrir sa famille. "Quand on est dans son quotidien, qu'on est pris dans la vie quotidienne avec les enfants, on met ça de côté, on vit, on assure. Et quand on vient ici, on se reprend de plein fouet la situation. On se dit, voilà, je suis dans la merde, il faut que je vienne là pour faire manger mes enfants". Marie ne se laisse toutefois pas abattre: "Je ne suis pas toute la journée à me plaindre, qu'on n'a pas d'argent, qu'on ne peut pas vivre… non, au contraire. Je me suis rendu compte de la force que j'avais alors que je ne pensais pas en avoir. Je ne pensais pas du tout avoir cette force-là".

Des situations très différentes

On estime qu'un tiers des familles en Wallonie et à Bruxelles sont monoparentales. 83% de celles-ci sont des femmes seules avec 1 ou plusieurs enfants. Et 1 famille monoparentale sur 2 est au seuil ou sous le seuil de pauvreté. Et les de ces familles sont réalités sont très différentes: "Les couples qui ont divorcé, ou quand il y a un décès, quand il y en a un qui travaille à l'étranger sur une longue durée, quand il y a une maman seule dès la grossesse… Ce sont toutes des situations qui font des familles monoparentales mais qui n'ont pas nécessairement la même origine", commente Christophe Cocu, président de la Ligue des Familles.

"Le moindre accident de la vie a toujours un impact plus important"

Une seule association entièrement dédiée aux familles monoparentales existe en Fédération Wallonie-Bruxelles : la Maison des parents solo située à Forest en Région bruxelloise. Jusqu'à présent, ce sont uniquement des mamans qui y ont frappé à la porte. "Il y a des conseils, des coups de main, des questions de gestion du quotidien et de la parentalité. Il y a aussi le fait de rencontrer d'autres parents et pouvoir vivre un moment de détente dans un lieu où les enfants sont les bienvenus, ce qui est assez rare. Nous avons pensé notre lieu pour que le parent puisse toujours venir avec son ou ses enfants. Le risque quand on est seul avec enfant, c'est l'isolement social. La question financière n'est pas toujours présente. Elle peut l'être, et c'est sûr que quand on est une seule personne à avoir des revenus, le poids est plus important. Et puis le moindre accident de la vie a toujours un impact plus important", explique Sarah Parisel, psychologue dans cette institution.

"Beaucoup de travail à faire de ce côté-là"

Ixelles est la commune comprenant le pourcentage le plus élevé d'isolés (62%). Elle est suivie par deux autres communes bruxelloises : Etterbeek et Saint-Gilles (chacune 54%). Pour ce qui est des familles monoparentales, c'est la commune liégeoise de Seraing qui en compte le plus devant Charleroi. Pour le président de la Ligue des Familles, il faut plus de structures d'accueil comme la "Maison des parents solo": "Il en faut une dans chaque commune de Bruxelles, un ou deux dans chaque province wallonne. Il y a vraiment beaucoup de travail à faire de ce côté-là".




 

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