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Bientôt des supermarchés sans tabac ?

Le gouvernement wallon a présenté son plan sans tabac ce mardi après-midi. La ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli, confirme l'aide apportée aux organisations qui luttent contre le tabagisme. 800 000 euros par an jusqu'en 2030. La ministre invite aussi les supermarchés à prendre leur responsabilité et à retirer le tabac des rayons.

En Belgique, 40 personnes meurent chaque jour des suites du tabagisme. Face à cette "situation d'urgence", et alors qu'en Wallonie, quelque 800.000 fumeurs grillent 16 cigarettes, en moyenne, par jour, la ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli (cdH), a appelé la grande distribution à prendre ses responsabilités. Avec un objectif: pousser les supermarchés à la réflexion afin qu'à terme, ils retirent le tabac de leurs rayons. "Aujourd'hui, le tabac est disponible dans tous les grands magasins! Or l'abondance et la proximité des lieux de vente de tabac ont une influence sur la consommation. Je demande donc aux différents acteurs de réfléchir dans le cadre de leur responsabilité sociétale au retrait de la vente de cigarettes dans les grandes surfaces, ce qui contribuerait à dénormaliser le tabac et à soutenir les actions de prévention de la Wallonie", a expliqué la ministre, mardi, à l'occasion de la présentation du premier plan wallon anti-tabac, la Région étant responsable, depuis la 6e réforme de l'Etat, de la prévention et de la promotion de la santé, notamment en ce qui concerne la lutte anti-tabac.


Plus de 800.000 euros par an pour lutter contre le tabagisme

Selon Alda Greoli, la vente de tabac dans les supermarchés est déjà interdite dans de nombreux pays, dont l'Autriche, la France, la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne. Aux Pays-Bas et en Belgique, la chaîne de droguerie Kruidvat a retiré les produits du tabac de ses rayons. "C'est exemplaire car je suis consciente que cette démarche de renoncement à la vente de tabac a un coût pour le secteur, même si cela n'est rien au regard du coût collectif de la cigarette", a souligné Alda Greoli en assurant qu'elle n'hésitera pas à saisir le gouvernement fédéral, pour qu'il agisse de manière plus coercitive, si le secteur ne mène pas, volontairement, une réflexion sur le sujet. Néanmoins, a-t-elle nuancé, "je n'appelle pas à l'interdiction mais bien à la réflexion". Parallèlement, la ministre a annoncé la mise en place de conventions pluriannuelles afin de soutenir les acteurs de la lutte contre le tabac. Les opérateurs qui bénéficiaient jusqu'à présent d'une subvention annuelle recevront ainsi la garantie d'un soutien wallon couvrant la période 2019-2022, à hauteur de 822.000 euros annuels pour l'ensemble des actions du plan. "La Wallonie dispose désormais d'une belle panoplie d'outils, incluant la prévention et la promotion de la santé. Ces outils se traduisent en actions concrètes, portées par une dizaine d'opérateurs dont l'action s'articule autour de la prévention, de la cessation tabagique et de la diminution de l'exposition à la fumée du tabac, et ce via la formation des professionnels, un travail ciblé sur les personnes les moins favorisées au niveau socio-économique, une approche globale des assuétudes et l'évaluation de l'efficacité des actions", a enfin résumé Alda Greoli.

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