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Ces revenants qui ne reviennent pas: pourquoi n'y a-t-il pas plus de jihadistes belges revenus dans notre pays?

Ces revenants qui ne reviennent pas: pourquoi n'y a-t-il pas plus de jihadistes belges revenus dans notre pays?

D'après nos informations, il y a aujourd'hui 130 returnees (combattants occidentaux revenus chez eux après la défaite de l'État islamique en Syrie et en Irak) sur le territoire belge. Ce sont de nouveaux chiffres établis le 17 septembre dernier. Il y a un an, certains redoutaient un retour massif de ces jihadistes. A l'époque, un rapport européen parlait même de 1.200 à 3.000 combattants qui rentreraient en Europe. Force est de constater que ce n'est pas le cas. Depuis septembre 2017, on compte 6 returnees de plus sur notre territoire.

Selon les derniers chiffres qui nous avons obtenus :

- 418 personnes ont quitté la Belgique pour rejoindre la zone irako-syrienne depuis le début du conflit dans le but de combattre,

- 288 personnes sont toujours sur zone, dont 137 sont présumées morte,

- 2 seraient emprisonnées,

- 130 sont rentrées (80% d'hommes) (115 au 16/09/2016, 124 au 15/09/2017)

Les raisons possibles du faible nombre de returnees ?

La difficulté majeure pour les revenants reste le passage de la frontière. La Turquie est désormais la seule porte de sortie mais les combattants ont été repoussés loin de ses frontières. S'ils veulent rentrer, ils doivent donc retraverser un pays qui leur est devenu hostile.

Deuxième problème : l'argent pour payer les passeurs. Des hommes qui s'engagent à conduire les returnees jusqu'à proximité de la frontière turco-syrienne, mais sans garantie de passage. Un voyage qui dépasse les 2.000 euros par personne.

Selon les chiffres de la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF), l'an dernier, près de 6 millions d'euros (5,97 millions) ont été envoyés depuis l'Europe occidentale en Irak ou en Syrie. Un montant en diminution par rapport à 2016 (6.6 millions). Par contre le nombre, de transactions a augmenté. Cette tendance semble se poursuivre en 2018. Plus de 100 intermédiaires financiers ont été identifiés.


Que deviennent ceux qui sont toujours en Irak ou en Syrie ?

Selon nos informations, deux seraient en prison, les autres dans la nature. Que deviennent-ils ? Plusieurs scénarios sont possibles, soit ils se rendent invisibles et anonymes, ils se fondent dans la masse; soit ils tentent de rejoindre d'autres groupes jihadistes, mais cela se revèlent très compliqué. Enfin, on remarque que certains, surtout des veuves de combattants décédés, souhaitent rentrer en Europe. Du coup, leur famille ou leurs amis se mobilisent et leur envoient de l'argent.

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