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Comité de concertation: les arts de la scène dans l'incompréhension

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Les annonces du Comité de concertation vendredi soir sont une "grosse déception", a réagi auprès de Belga Philippe Degeneffe, président la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS). Le secteur se désole de devoir attendre jusqu'au 1er mai pour espérer rouvrir.

"Nous espérions du neuf pour mars puis nous avons compris que ce ne serait pas le cas. On misait ensuite vraiment sur une réouverture après les vacances de Pâques pour pouvoir sauver une partie de notre saison", explique M. Degeneffe. Il semble qu'il faudra attendre au moins jusqu'au 1er mai. "Cela signifie que nos saisons sont définitivement enterrées car les mois de mai et juin marquent la fin de nos saisons", souligne le président la FEAS.

D'autant plus que les conditions de réouverture n'ont pas été annoncées. "Quelle jauge de spectateurs sera autorisée?", s'interroge notamment M. Degeneffe. "Nous restons dans la même incompréhension alors que les études européennes montrent que les contaminations n'ont pas lieu dans les salles de spectacles. Nous ne comprenons pas pourquoi on ne prend pas en considération l'importance de la culture", non seulement d'un point de vue économique, pour les acteurs du secteur, mais aussi pour "l'équilibre mental" qu'elle apporte au public.

L'autorisation d'événements de 50 personnes maximum à l'extérieur en avril ne ravit pas plus le président de la FEAS étant donné que les saisons ne prévoyaient pas d'activités à l'extérieur, "mis à part peut-être une petite animation". La jauge est en outre très limitée, à ses yeux.

Les exploitants de cinémas "très déçus"

Les annonces du Comité de concertation sèment la désolation auprès des exploitants de salles de cinéma, qui déplorent de ne pouvoir ouvrir pendant les vacances de printemps (Pâques), a réagi vendredi soir auprès de Belga Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB).

"Nous sommes très déçus de ne pas être une alternative de détente pour les congés de Pâques alors que nous avons déjà raté plusieurs vacances", a déclaré M. Laermans. Selon les plans dévoilés vendredi soir par le Comité de concertation, les cinémas devraient attendre au moins jusqu'au 1er mai pour espérer rouvrir leurs salles.

Le secrétaire général de la FCB dénonce que la gestion de la crise se poursuive en s'accrochant à une distinction entre les activités extérieures et intérieures. "Cela a perdu toute valeur pour nous à partir du moment où on a autorisé plusieurs activités intérieures comme la coiffure, le massage, le tatouage et le shopping. Les études montrent que les cinémas ou les théâtres sont moins dangereux", avance M. Laermans. "Nous sommes fermés juste parce que c'est une activité à l'intérieur et c'est ce qui nous gêne le plus."

Le secrétaire général met en outre en exergue que l'ouverture des cinémas pendant l'été a montré que les exploitants étaient capables d'ouvrir tout en respectant les mesures sanitaires. Il pointe qu'au Grand-Duché du Luxembourg et en Espagne, les cinémas sont ouverts, que l'Italie envisage de bientôt les ouvrir et que le déconfinement cinématographique s'amorce aussi aux Etats-Unis. "Cela veut dire que les films vont commencer à sortir plus rapidement et si nous sommes fermés, nous allons les rater et perdre les recettes qui vont avec", déplore M. Laermans. Les cinémas accusent déjà plus de 250 millions de pertes et la FCB réclame "des aides urgentes et substantielles" au risque de se retrouver avec un marché et une offre appauvris. "Les cinémas qui vont survivre accumulent les dettes, les investissements futurs seront reportés, cela va endommager tout l'écosystème", met-il en garde.

 




 

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