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Comment des jeunes sans histoire deviennent terroristes: un psychiatre explique ce phénomène inquiétant

Comment des jeunes sans histoire deviennent terroristes: un psychiatre explique ce phénomène inquiétant

Comment des jeunes apparemment sans histoires deviennent des terroristes ? Ce phénomène d’endoctrinement des djihadistes pourrait être comparé, la violence en plus, à celui pratiqué dans les sectes. C’est l’avis d’un psychiatre que nos journalistes ont rencontré.

Le nombre d’adolescents et de jeunes adultes qui rejoignent les rangs terroristes ne cesse d’augmenter. Les autorités sont démunies. Samuel Leistedt est en contact avec des familles. Psychiatre de formation, il tente de comprendre ce phénomène de radicalisation, un processus comparable à celui que les sectes mettent en œuvre pour isoler leurs proies.
 
"Changer la manière dont il perçoit le monde"
"L’objectif du processus de radicalisation est de changer la manière dont une personne perçoit le monde qu’elle a autour d’elle" , explique le psychiatre. "La clé du succès est de faire en sorte que la personne ne se rende à aucun moment compte de ce qu’il se passe et de ne pas laisser la place pour la moindre remise en question."
 
"Certains actes sont commis pour prouver son allégeance"
Yssia n’avait que 17 ans, elle est partie comme d’autres partent à l’école, elle a été happée sur internet puis isolée de sa famille. Une fois sur place, les recrues sont conditionnées puis entrainées, parfois à tuer. C’est le processus de déshumanisation." On va tout simplement convaincre certaines personnes que l’idéologie défendue est l’unique et la meilleure idéologie quelle qu’elle soit. Elle est supérieure à toutes les autres" , observe le psychiatre. " Dans ce contexte, certains actes doivent être commis pour prouver son allégeance à cette idéologie et son respect, cette croyance. On peut donc en venir à poser des actes terribles."
Formatés, ils sont persuadés que leurs actes sont la solution 
Parce qu’ils sont convaincus d’être les seuls détenteurs de la vérité partagée, la seule religion du monde, il est extrêmement difficile de désendoctriner les proies du djihadisme. " Ces gens reviennent, on l’a vu, à plusieurs reprises" , remarque le psychologue Samuel Leistedt. "Ils portent un message, une idéologie et dans ce contexte, ils sont persuadés que ce qu’ils vont commettre est la solution ou l’élément le plus important pour eux parce que on les a formaté. Ils constituent une dangerosité qui n’est pas négligeable."
Le psychiatre est assez inquiet car le retour éventuel de ces djihadistes est source de danger pour la société.

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