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Comment gérer sa vie numérique en cas de décès? Fabio a choisi de laisser actif le profil de sa mère, décédée en 2012

Ça peut paraître un peu brutal, mais selon certaines estimations, il devrait y avoir plus de morts que de vivants sur Facebook d'ici 50 ans. C'est un fait: quand nous mourrons, nos comptes sur les réseaux sociaux, eux, nous survivent. Et il est parfois très compliqué pour les proches d'en prendre le contrôle. Nous avons rencontré Fabia, qui a perdu sa mère en 2012. Son compte Facebook est devenu une sorte de mémorial.

Fabio a perdu sa mère en 2012. Elle avait un compte Facebook, qui est toujours actif aujourd’hui. "On reçoit parfois des messages pour fêter l'anniversaire. Et puis on a aussi les messages qui disent 'Vous fêtez 5 ans d'amitié sur Facebook', c'est un petit peu bizarre en sachant qu'elle n'est plus là", confie Fabio.

En 7 ans, le compte de sa maman est devenu une sorte de mémorial. "On voit des petits mots de ses amis, de la famille… Ils laissent des mots, des photos. Un peu tous les ans pour son anniversaire ou la date de son décès", indique Fabio.

Facebook permet de transmettre la gestion de son compte après sa mort

Si la famille de Fabio continue de lui rendre hommage, d’autres préfèrent supprimer le compte de leur proche après un décès. Depuis 2015 sur Facebook, il est possible désigner un personne qui deviendra gestionnaire du profil après votre mort. "Il doit fournir l'attestation comme quoi il est bien la personne de référence, le légataire, et en même temps une copie de l'acte de décès qui confirme que la personne qui était titulaire du compte est bien décédée", explique Olivier Bogaert, commissaire à la Computer Crime Unit de la police fédérale. "On a la possibilité à ce moment-là de demander soit la suppression du compte, soit d'en faire un compte en souvenir".

Le droit à l'oubli une fois qu'on est décédé me semble fort peu probable

Sauf que sur internet, aucune donnée ne meurt vraiment. "Internet est un formidable disque dur. Donc les données sont sauvegardées et dupliquées à l'envie. Le droit à l'oubli une fois qu'on est décédé me semble fort peu probable à mettre en place techniquement", explique David Hachez, expert en nouveaux médias.

Bientôt des "archéologues du web"?

Chaque minute, 3 utilisateurs de Facebook décèdent. Selon des chercheurs, dans 50 ans, il y aura plus de morts que de vivants sur le réseau social. Deviendrait-il alors un cimetière géant numérique? "Il n'est pas improbable ou impossible que d'ici 200 ans on trouve de nouveaux métiers, comme des archéologues du net, qui commencent à fouiller dans les tréfonds de la mémoire d'internet pour aller rechercher des arbres généalogiques", imagine David Hachez.

Instagram, Twitter et Google permettent aussi, dans leurs paramètres, de gérer notre mort numérique. Sur le même concept, des start-up proposent désormais des coffres forts numériques avec identifiants, mots de passe… en bref toutes vos données personnelles pour les transmettre après la mort.

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