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Quelle sécurité pour un vaccin qui arrive aussi rapidement sur le marché? Les explications d'Yves Van Laethem

Quelle sécurité pour un vaccin qui arrive aussi rapidement sur le marché? Les explications d'Yves Van Laethem
©BELGA
 
CORONAVIRUS
 

Après environ un an de pandémie, plusieurs vaccins contre le nouveau coronavirus arrivent sur le marché. La rapidité de leur conception suscite beaucoup de scepticisme de la part du public. Une méfiance qui est compréhensible selon Yves Van Laethem. Le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus est revenu sur ce point lors de la conférence de presse du centre de crise

Il est légitime de se poser des questions sur "un vaccin développé aussi rapidement", admet-il. Alors que la confection d'un vaccin et les contrôles nécessaires prennent d'habitude "7 à 8 ans, parfois 10 ans", il a fallu moins d'un an pour que plusieurs vaccins soient prêts à être administrés. Yves Van Laethem rappelle donc les dispositions exceptionnelles qui ont permis la conception rapide de vaccins tout en appliquant les mesures de sécurité requises.

Une conception de vaccin qui n'est pas partie de zéro

"Un vaccin, c'est un médicament", explique d'abord le porte-parole. Une telle substance est soumise à "des études intensives et une revue extensive de ces données par des acteurs indépendants des industries pharmaceutiques". Surtout, les recherches pour élaborer un vaccin contre ce nouveau coronavirus ne sont pas parties de zéro. "Il y a eu des coronavirus qui ont déjà fait des dégâts importants dans un passé proche. Pensons au SRAS qui a surtout sévi en Asie et un peu aux États-Unis en 2003, au MERS qui a émergé en 2012 au Proche et Moyen-Orient et qui existe toujours", rappelle le spécialiste des maladies infectieuses.

Dans ce contexte, deux exemples de coronavirus virulents ont permis de baser le départ des recherches. De plus, ces dernières se sont déroulées en priorité par rapport à de multiples autres projets. L'industrie pharmaceutique et les agences d'enregistrement comme l'Agence européenne du médicament ou l'agence américaine Food and drug administration ont étroitement collaboré. Un travail de contrôle de la part des agences et d'acteurs indépendants de l'industrie pharmaceutique a mobilisé de nombreuses personnes pendant de longues semaines tout au long du processus de conception des vaccins. C'est ce qu'on appelle le "rolling review". Ce travail considérable "a permis d'enchaîner comme ça n'a jamais été le cas auparavant les différentes phases de développement de ce vaccin".

Seules ces conditions ; une revue stricte du processus en parallèle de la conception et une priorité absolue ; ont permis de gagner énormément de temps par rapport aux procédures administratives. Les firmes ont également fait d'importants investissements dans leurs infrastructures pour produire les vaccins.

Doit-on craindre des effets secondaires ?

Les craintes face à ce vaccin se concentrent principalement sur d'éventuels effets secondaires qui n'auraient pas pu être repérés dans un processus de conception si court. "Une chose que je peux vous garantir déjà : vous aurez des effets secondaires", interpelle Yves Van Laethem. Il précise en effet que "la plupart des vaccins qui fonctionnent apportent une gêne au niveau du site de l'injection, une rougeur. On peut avoir un peu mal partout pendant 1 jour ou 2", il s'agit d'effets secondaires.

Concernant les effets secondaires sévères, sur les 50 dernières années des études ont pu démontrer que "l'immense majorité des effets secondaires d'un vaccin surviennent endéans les 6 semaines après l'injection", rapporte Yves Van Laethem. Les autorités d'enregistrement ont par conséquent demandé que les dossiers leur soient soumis au-delà d'un délais de sécurité de deux mois. 

Le nombre de participants à ces études est extrêmement importants. La plupart des vaccins sont enregistrés et considérés comme étant sûrs à partir du moment ou 3.000 à 5.000 personnes ont reçu le vaccin. Dans les études concernant le coronavirus actuel, plus de 15.000 ont reçu le vaccin dans chacune des études, "parfois même 20.000 et plus, un nombre sans précédent", précise l'épidémiologiste.

Ainsi, le volume de personnes vaccinées avant que les produits n'arrivent sur le marché est beaucoup plus important et donne une plus grande sécurité quant à la définition de l'apparition d'effets secondaires. Enfin, il existe un "gigantesque système de surveillance de la sécurité vaccinale qui a été mis sur pied au niveau de chacun des pays".

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