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Quels sont les médicaments à éviter lorsqu'on prend le volant?

Des pictogrammes devraient être apposés sur les médicaments pour informer les consommateurs de leur effet sur la conduite, plaidait mardi l'institut Vias.

"Selon une étude française, la prise de médicaments à risque serait responsable de 3 à 4% de l'ensemble des accidents de la circulation", pointe le centre de connaissances sur la sécurité routière. À l'échelle de la Belgique, cela représente entre 1.100 et 1.500 accidents.

"Il s'agit notamment des antidépresseurs, mais aussi des antihistaminiques type Zyrtec. Il s'agit par exemple de la codéine : beaucoup de gens prennent par exemple des Dafalgan codéine en grande quantité", indique Benoit Godart, porte-parole de Vias. 

Somnifères, calmants, antiépileptiques, antalgiques, antidépresseurs, antipsychotiques, antihistaminiques et gouttes pour les yeux peuvent influencer la manière de conduire. En cas de prise de somnifère, de tranquillisant ou d'antalgique fort, le conducteur peut ressentir de la somnolence, être distrait, voir sa coordination baisser et ses capacités de réaction se réduire.


"Un effet comparable à une alcoolémie entre 0,5 et 0,8%"

"Leur consommation peut multiplier le risque d'accident de 2 à 10, soit un effet comparable à une alcoolémie entre 0,5 et 0,8%", souligne l'institut. Si, en outre, le conducteur a consommé de l'alcool, le risque d'accident est de 20 à 200 fois plus élevé. Le risque s'accentue aussi lorsqu'il s'agit d'une consommation médicamenteuse occasionnelle ou "débutante" ainsi que lorsqu'on combine plusieurs médicaments.

"Plus de 6% des Belges avouent conduire au moins une fois par mois sous l'influence de calmants ou de somnifères", souligne Vias. Les jeunes de moins de 35 ans, surtout les hommes, sont davantage concernés.


Pictogrammes et notices plus claires

"Quand on lit la notice d'utilisation de ces médicaments, on voit que les informations concernant la conduite automobile sont noyées dans toute une série d'autres informations, c'est écrit tout petit, c'est pas très clair. D'où l'idée de mettre des pictogrammes", ajoute Benoît Godart. 

Pour assurer une meilleure sécurité routière, l'institut recommande donc d'apposer des pictogrammes sur les médicaments afin d'indiquer leur effet sur la conduite, selon une échelle allant de 0 (pas d'effet) à 3 (dangereux). Les médecins et pharmaciens devraient aussi avertir les patients lorsqu'ils prescrivent ou délivrent un médicament ayant un effet sur la conduite.  

Les notices d'utilisation des médicaments devraient être améliorées, et indiquer plus clairement leur influence sur le comportement au volant.

S'il n'existe pas de test pour détecter les conducteurs ayant pris des médicaments, Vias rappelle que la "conduite dans un état analogue à l'ivresse résultant de l'emploi de médicaments" est punissable d'une amende de 1.600 à 16.000 euros ainsi que d'une déchéance du droit de conduire d'un mois à 5 ans, voire définitive.

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