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Coronavirus en Belgique: l'épuisement du personnel soignant dans les hôpitaux en pleine deuxième vague

 
 

Comment la deuxième vague est vécue dans les hôpitaux ? Comment celles et ceux qui prennent soin des patients covid vivent la situation ? Ils sont épuisés, les cas de burn-out se multiplient, tout comme les maladies. Le système atteint ses limites.

En pleine immersion à l'hôpital de Braine l'Alleud-Waterloo, un patient arrive aux urgences. Son état est inquiétant : sa température est élevée, sa fréquence respiratoire aussi : il a besoin d’un apport en oxygène.

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Pour gérer ce patient suspecté d’être atteint du coronavirus, l’hôpital a mis en place un binôme médecin-infirmier, pour augmenter l’efficacité de la prise en charge. "Je constate qu’on a une très bonne cohésion dans les binômes médecin-infirmier",  réagit Jean Bernard, infirmier en chef du service des Urgences. "J'espère surtout qu'on n'aura pas dans l'équipe même, des personnes qui seront malades."

Des gens qui dépriment, qui ont des idées noires, qui font des cauchemars

C’est la hantise du personnel, de devoir assurer la charge de travail alors que les absences augmentent. Les problèmes de surmenage sont une réalité et la deuxième vague ne fait que commencer. "Pendant la première vague, peu de gens ont craqué", affirme Marie Vanhove, chef de services des urgences. "C'est surtout après : des gens qui partent, qui démissionnent, qui changent métier. Des gens qui dépriment, qui ont des idées noires, qui font des cauchemars. On en a vus après la première vague."

"Les équipes vont tenir le coup, pour la crise, pour les patients, pour les familles"

Il n’y a pas qu’aux urgences que la fatigue se fait sentir. Dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Delta, où 8 patients sont hospitalisés, les équipes se relaient depuis le mois de mars, avec un sens du devoir sans pareille. "Les équipes vont tenir le coup, pour la crise, pour les patients, pour les familles qui comptent sur nous et qui peuvent pas venir voir leurs proches pendant la crise", assure Caroline Boucaut, infirmière en chef adjointe des Soins Intensifs à l'hôpital Delta. 

"Nous avons mis en place un support psychologique pour essayer d’encadrer le personnel et soutenir les équipes dans ces moments difficiles", ajoute docteure Sophie Cran, chef de service des Soins Intensifs.

Priorité aux patients Covid

Autre problème : le choix à opérer entre patients. Contraint de donner la priorité aux patients covid, les chirurgiens doivent annuler les opérations non urgentes prévues ces 4 prochaines semaines. "Pendant le confinement, il y a eu une accumulation importante de patients et de pathologies qui était en train de se résorber, mais qui va de nouveau s'accumuler", estime Philippe El Haddad, directeur Général Médical du Chirec.

C’est grâce à leurs bons soins que je suis arrivé à où j'en suis

Les lits libérés permettront de soigner les malades du coronavirus, comme dans cette unité spécialisée. Hassan El Morabet est arrivé en piteux état il y a 7 jours et est presque tiré d’affaire. La gratitude de ce patient envers le personnel médical est immense. "J’avais peur, très peur", témoigne Hassan. "C’est grâce à leurs bons soins que je suis arrivé à où j'en suis."

Dès le 2 novembre, les hôpitaux passent à la phase 2A. Ils devront alors encore augmenter la capacité d’accueil des patients atteints du coronavirus.




 

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