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Coronavirus: faut-il abandonner les brevets des vaccins pour en produire plus?

 
CORONAVIRUS
 

Pour aller plus vite dans la vaccination, certains proposent aussi de lever, voire d'abandonner, les brevets qui protègent les différents vaccins sur le marché. Autrement dit : permettre à n'importe quelle société d'utiliser les formules qui ont été mises au point pour produire, elle aussi, des vaccins, et éviter toute pénurie. Une idée que ne partage pas la fédération des firmes pharmaceutiques.

Les firmes Pfizer, AstraZeneca ou encore Johnson & Johnson sont les seuls à pouvoir produire leur propre vaccin et à en fixer le prix grâce à un brevet. Aujourd’hui, les mutualités chrétiennes montent au créneau et demandent à lever ces brevets. Elles ne manquent pas d’arguments.

Le premier : il faut produire plus pour sortir au plus vite de la pandémie

"On se rend bien compte que plus personne ne supporte la situation. C’est extrêmement compliqué dans notre pays, mais c’est beaucoup plus compliqué dans d’autres pays", souligne Elisabeth Degryse, la vice-présidente de la mutualité chrétienne.

La fédération des firmes pharmaceutiques rétorque : les entreprises produisent en suffisance.

"Il y a plusieurs vaccins, ce qui est important. On essaye de produire au maximum et ils sont à des prix abordables", répond Herman Van Eeckhout, senior directeur politique des médicaments pour pharma.be.

Deuxième argument des mutuelles : de l’argent public a été donné pour produire ces vaccins plus rapidement.

"On a préfinancé toute une série de doses, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, et d’autres grandes puissances. On a payé des firmes sans savoir si le vaccin serait efficace", indique Elisabeth Degryse.

Les mutuelles reprochent aux firmes d’empêcher de produire plus.

"Non, je répète, nos responsables ont dit qu’ils feraient tout pour que les vaccins arrivent le plus vite possible et dans des quantités nécessaires", assure Herman Van Eeckhout.

Dernier argument : le profit financier de ces firmes. Le secteur pharmaceutique fait partie des plus rentables. Réponse des firmes: "Nous aurons encore besoin d’elles."

"Si on dit maintenant 'non aux brevets', nous n’aurons pas la même efficacité que maintenant. Je suis persuadé que c’est une très mauvaise idée", conclut Herman Van Eeckhout.

L’organisation mondiale du commerce prévoit une sorte de dérogation. Celle-ci ne lèverait le brevet que temporairement. Une idée rejetée par les firmes.

 




 

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