De nombreux professeurs non-nommés commencent l'année sans boulot: "J'espère, il n'y a que ça à faire, espérer"

De nombreux professeurs non-nommés commencent l'année sans boulot:

À quelques jours de la rentrée des classes, de nombreux professeurs non-nommés, souvent jeunes, n’ont toujours pas le moindre horaire et aucune heure de travail prévue au compteur. C'est notamment le cas d'Aurore, institutrice maternelle depuis 7 ans. Elle n’est pas nommée, et n’a toujours pas la moindre idée de ce dont son avenir sera fait, ne disposant toujours pas de la moindre heure de cours. "Je viens d'avoir une petite fille qui a 4 mois maintenant. Il faut que je travaille, je n'ai pas le choix". Aurore est dans l'angoisse de se retrouver sans emploi, même quelques mois, malgré les démarches: "Je vais tous les jours sur internet. J'espère, il n'y a que ça à faire, espérer, contacter, téléphoner".

On manque d'enseignants en Belgique francophone, sa situation est donc d'autant plus frustrante: "Je suis vraiment passionnée. Quand je me retrouve dans une classe, je me dis que c'est là où je veux être. C'est ma 7e année, j'ai déjà pensé à abandonner mais je ne me vois pas dans autre chose que ça. Ma situation est toujours la même, j'espère qu'un jour ça va changer", dit-elle.

Ces jeunes profs seront plus que probablement appelés, dans le courant de l’année, pour remplacer des professeurs malades. Mais en attendant, ils sont plongés dans l’incertitude (professionnelle et financière). Comme Stéphanie qui vit dans l'angoisse de se retrouver au chômage, ne fut-ce qu'un jour ou pire plusieurs mois.

Quand je suis arrivée, j'étais la 3e professeur et on était qu'au mois de novembre

"C'est très difficile parce que j'ai été dans le secteur privé pendant six ans. J'ai quitté pour aller dans l'enseignement et maintenant je vais devoir chômer alors que je n'ai jamais chômé de ma vie. Donc, ça, c'est très dur à vivre". L'incertitude du lendemain plane. Pourtant, des professeurs de sciences-éco dans le secondaire supérieur, comme elle, en principe il en manque: "Sur le site du Forem, professeur de sciences-éco dans le secondaire supérieur est considéré comme un job en pénurie", dit-elle.

Stéphanie sera probablement appelée dans les prochaines semaines pour des remplacements. Mais elle le sait, ce n'est pas non plus une solution optimale pour les élèves, elle l'a vécu l'an dernier. "Quand je suis arrivée, j'étais la 3e professeur et on était qu'au mois de novembre. Moi je suis arrivée, je n'ai eu aucun contact avec les professeurs précédents. Donc, qu'est-ce qui a été donné avant, moi je n'en savais rien. J'ai signé le vendredi, je commençais le lundi, j'avais une journée entière avec mes élèves. Donc, je devais arriver en préparant quelque chose avec des élèves que je n'avais jamais vus", décrit-elle.


Plusieurs raisons à la situation de ces enseignants sans horaire

Dans les attributions de toute dernière minute, certaines directions d’écoles font également face à des problèmes :

1) Des professeurs qui font faux bond en dernière minute, parce qu’ils ont trouvé une place dans une école plus proche de chez eux, ou avec un horaire mieux agencé.

2) Certains professeurs qui sont dans des branches en pénurie (langues essentiellement) font monter les enchères (horaires plus favorable, primes, ordinateur de fonction…) à l’approche de la rentrée.

Parmi les explications avancées par les spécialistes, pour expliquer ces problèmes rencontrés par les enseignants sans horaire, on notera:

- La complexité du système qui leur permet de postuler, avec des critères d’attribution pas toujours très clairs.
- La pénurie de prof ne concerne en fait que certaines matières spécifiques (maths, langues…), alors qu’il y a beaucoup moins de places disponibles pour les instits en maternelle, par exemple.
- La réforme des titres et fonctions laisse parfois sur le carreau des professeurs qui se voient relégués dans l’ordre de priorité, à cause d’un diplôme pas adapté…

Il y a dans certaines branches des pénuries de professeurs. Notamment en langues, pour les écoles en immersion. 

Vos commentaires