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De plus en plus de produits typiquement belges cherchent à être certifiés "halal"

  • Enquête sur le marché des produits halal

  • Une boisson maltée halal, proche de la bière, brassée à Montignies-sur-Roc

 
 
 

Le halal suscite bien des commentaires depuis que le Sirop de Liège a renouvelé son certificat. Une polémique qui n'a pas lieu d'être. Le halal est avant un business, un marché d'1 milliard 600 millions de consommateurs musulmans à travers le monde. Obtenir des certificats halal, c'est garantir le succès d'un produit… dont le goût ne change pas.

Notre journaliste Martin Vachiery s'est rendu dans la boucherie de Zakaria. Ce commerce se situe à quelques pas de la Place Flagey, à Ixelles. Là, tous les produits sont halal. La viande bien sûr, mais aussi des sauces typiquement belges. "Ça fait presque huit ans que je suis ici, et les gens sont toujours contents, ils voient toujours de la bonne qualité, que ce soit dans une boucherie musulmane ou pas. Ils cherchent toujours le goût", explique Zakaria.

Ici, comme ailleurs dans le quartier, la clientèle qui fréquente le commerce de Zakaria est très diversifiée. "Si on vient ici c'est surtout pour le rapport qualité/prix, qui est imbattable par rapport au reste de Bruxelles ou aux autres supermarchés", confie un client. "Le fait que ce soit halal ne me dérange absolument pas", ajoute-t-il.


Des produits belges halal: un avantage pour l'export

La nourriture Halal, répond à toute une série de critères religieux, à l’instar de l’alimentation casher dans la religion juive. Des milliers de produits alimentaires, industriels, de médicaments ou même de textiles sont labélisés Halal en Belgique.

Pour certaines fiertés du patrimoine belge, comme le chocolat, obtenir ce précieux label est un sérieux avantage à l’exportation. Hubert Siemes y consacre une partie de son activité. "C'est un marché qui peut, et qui a, des retombées économiques positives. Ça permet d'ouvrir les marchés. D'abord ceux de proximité où les populations musulmanes sont fortement présentes, comme la Hollande, la France, l'Allemagne", explique Hubert Siemes, directeur de projet du "Halal Club" à l’Agence wallonne à l’exportation. "Ça permet aussi d'aller vers les marchés de la grande exportation: l'Indonésie, la Malaisie, ou encore le Maroc", précise-t-il.


Peur et colère autour du halal: pourquoi?

Le Halal ne change pas le goût des aliments. Il se trouve partout dans notre consommation mais continue à susciter de la peur ou même de la colère chez une partie de la population. Pour Corinne Torrekens, sociologue spécialiste de l’islam à l'ULB, le malaise est plus profond. "Il y a plein de petits sujets ou de petites infos qui montrent qu'on est véritablement dans un moment d'hystérie collective pour tout ce qui concerne l'islam et les Musulmans", explique-t-elle. "Je ne pense pas que ce soit des propriétés alimentaires qui jouent, mais plutôt une islamophobie existante, et un sentiment de malaise par rapport à la présence de l'islam en Belgique", ajoute Corinne Torrekens.

De nombreux acteurs économiques surfent sans complexe sur la tendance des produits labélisés halal. Car loin des débats idéologiques, il s’agit avant tout d’un marché très lucratif, surtout à l’exportation.


 

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