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Découvrez le Fort de Saint-Héribert: des passionnés déterrent le bâtiment qui a défendu Namur en 14-18

 
 

Ce 11 novembre, nous célébrons les 100 ans de l'armistice signé pour mettre fin à la Première Guerre mondiale de 14-18. Ce travail de mémoire passe notamment par l'entretien des vestiges de la guerre. À Namur, le Fort de Saint-Héribert, l'un des neuf forts qui ceinturaient et protégeaient la ville, avait été laissé à l'abandon, enseveli au fil des années sous les gravats. Des passionnés ont décidé d'entreprendre sa restauration.

Délaissé et oublié durant une cinquantaine d’années, le Fort de Saint-Héribert renaît petit à petit. "Dites-vous que depuis les années 60, le fort était complètement enseveli. Donc, à part les spéléologues, plus personne n'allait dedans", annonce le guide Christophe Tichon aux visiteurs.

Autrefois utilisé comme décharge, il réapparaît au grand jour grâce au travail acharné de quelques passionnés. Pièce par pièce, ils dégagent les lieux, évacuent les déchets, et font parfois des découvertes étonnantes. "Quand nous avons découvert le fort, nous avons retrouvé un véhicule, enfin… les restants d'un véhicule. C'était une Mini Morris", explique encore Christophe Tichon en montrant une carcasse piégée par la terre.
 

Bâti fin 1800, c’était l’un des neufs forts qui protégeaient Namur des bombardements durant les deux guerres. Plusieurs zones du site doivent encore être déblayées. Pendant quatre ans, ce sont des centaines et des centaines de mètres cubes qui sont évacués, rien que pour la partie centrale de la forteresse. "Ce qui nous motive… j'ai rencontré le dernier soldat de 40, c'est émouvant. J'ai traité tous les dossiers des soldats de 14, des photos, des documents, des lettres d'amour… C'est intéressant et on fait des rencontres fabuleuses", explique Françoise Legros, fille du propriétaire du fort et passionnée d'histoire.

Et le public semble conquis par les efforts des passionnés. "J'ai déjà visité d'autres forts de la région, et il y a différents niveaux de conservation. Celui-ci est assez bien conservé, mais le travail d'excavation qu'ils ont dû faire pour avoir ce résultat ici est assez impressionnant", nous confie un visiteur.


Un site racheté pour... couper du bois

A l’origine de ce projet complètement fou: Emile Legros. Quand il achète la propriété en 2013, c’est pour y couper du bois. Mais des passionnés vont le convaincre de ressusciter le fort. "J'ai toujours aimé les aventures moi. Ça va être très long, mais je ferai un effort jusqu'au bout. Je voudrais y arriver", confie M. Legros, déjà âgé.

Aujourd’hui, seuls 20% de la forteresse triangulaire sont sortis de terre. De quoi déjà pouvoir y organiser des activités et y ouvrir bientôt un musée.


 

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