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Dégressivité des allocations de chômage: la ruée vers les CPAS ?

Le budget des CPAS risque d'exploser dans les prochaines années. C’est une des conséquences de l’entrée en vigueur ce 1er novembre de la nouvelle législation sur la dégressivité des allocations de chômage.

Avec les nouvelles règles, les jeunes auront trois ans pour trouver du travail au sortir de leurs études. Au-delà, ils seront pris en charge par les CPAS. Entre 22.000 et 27.000 jeunes (selon la FGTB) pourraient ainsi être exclus du chômage uniquement en Wallonie, en 2015. A cela s'ajoutent les chefs de familles et les isolés qui pourraient ne plus avoir assez pour vivre suite à la baisse de leurs allocations. Sans oublier les travailleurs à temps partiel qui déjà aujourd'hui sont les principales personnes à se tourner vers les CPAS. Répondez à notre question RTL du jour au bas de cet article ou sur la homepage de RTLinfo.be pour nous dire, selon vous, laquelle de ces catégories de personnes sera la plus touchée par la dégressivité des allocations de chômage.

 > EN QUOI CONSISTE LA REFORME DES ALLOCATIONS DE CHOMAGE?

Les CPAS réclament des compensations du fédéral

Les CPAS dénoncent un "transfert déguisé" du fédéral vers les pouvoirs locaux. Car pour eux, c'est une certitude, une proportion de chômeurs voyant leurs allocations diminuer va s'adresser au CPAS pour obtenir des suppléments d'allocation. Déjà aujourd'hui, en Wallonie, 8000 personnes qui ont pourtant des allocations de chômage reçoivent une aide supplémentaire du CPAS. Et beaucoup de jeunes en stage d'insertion sont également déjà au CPAS, surtout depuis la prolongation de 3 mois du stage d'attente (un an contre 9 mois auparavant).

Suite à l'entrée en vigueur de la réforme, les CPAS s'attendent à devoir aider entre 20.000 et 25.000 personnes supplémentaires dans des délais relativement courts. D'ici 3 ans, beaucoup jeunes qui n'ont pas trouvé d'emploi et qui ne recevront plus du tout d'allocation de chômage vont également se tourner vers les CPAS. La FGTB estime ce nombre de jeunes à 30.000. Sans compensation du fédéral, le surcoût engendré par cet afflux massif de personnes dans le besoin ne pourra être géré par les communes. A titre d'exemple, en 2011, 14.000 chômeurs ont été exclus du chômage, ce qui a couté 52 millions d'euros aux pouvoirs locaux et CPAS.

"Un drame social"

Pour Philippe Defeyt, le président du CPAS de Namur, ne mâche pas ses mots. Pour lui, il faut assumer le fait qu'il n'y a pas assez d'emploi pour tout le monde. Car cette mesure contre les chômeurs n'aura aucun impact sur le marché de travail et ne permettra pas de créer un seul emploi en plus, expliquait-il sur Bel RTL ce matin. Philippe Defeyt s'attend purement et simplement à "un drame social".

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