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Près de 4.000 soignants ont manifesté à Bruxelles contre l'obligation vaccinale: certains ont tenté de forcer les portes du cabinet de Frank Vandenbroucke

 
 

La journée de mardi a été marquée par une grève et une manifestation de soignants. Ces derniers se mobilisaient une nouvelle fois contre l'obligation vaccinale et les sanctions qui ont découlent. Ils demandent aussi plus de moyens et de meilleures conditions de travail. Le ton est monté devant le cabinet du ministre de la Santé, mais dans l'ensemble, la manifestation s'est bien déroulée.

Environ 3.800 personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, ont manifesté ce mardi dès 10h30 à Bruxelles contre l'obligation vaccinale visant le personnel soignant. Cette manifestation, organisée en front commun par la CGSP, le Setca, la CNE, le SLPF et la CGSLB, succèdait à une semaine de mobilisation devant le cabinet du ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke. Elle a débuté par un rassemblement sur la place de La Chapelle. Le cortège s'est ensuite mis en branle en direction du carrefour Arts-Loi, aux portes de la "zone neutre" et du siège du gouvernement fédéral.

Les manifestants ont fait du bruit et lancé des pétards. Ils arboraient de nombreuses pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Un plan contre la pénurie d'infirmiers maintenant", "Du bon sens", "SOS", "La vraie urgence n'est pas de licencier", "Sauvez notre système de santé au lieu de licencier", "Mon corps, mon choix" ou encore "Urgences en souffrance". Des blouses blanches, brandies au-dessus de la foule, servaient aussi de supports à des slogans. Des pompiers ambulanciers étaient présents en fin de cortège.

Cette "grande journée d'action" s'accompagnait d'un préavis de grève pour dénoncer l'obligation vaccinale des soignants. Mais pas seulement : "Nous sommes contre les sanctions, souligne Marie-Thérèse Deck, infirmière de nuit en soins palliatifs aux Cliniques de l'Europe. Dans les hôpitaux actuellement, on ne peut pas se permettre de se passer de 10% du personnel. Nous sommes déjà trop peu nombreux, nous avons besoin de tout le monde à bord. Il faut qu’on garde le personnel pour soigner les gens."

Si tout avait été mis sur la table bien avant, depuis les années qu’on le scande haut et fort qu’il manque du monde

Pour les soignants, les mesures prises par le gouvernement sont jugées "discriminatoires" au sein des hôpitaux. "Je suis vaccinée mais je suis contre les sanctions, indique une secrétaire au service consultation d’un hôpital. Cela fait de la discrimination au sein de l’hôpital entre les vaccinés et les non-vaccinés. Pour moi, ça reste un choix." Les réactions d'autres infirmières vont aussi dans ce sens : "C’est discriminatoire, ça va empirer les choses", dit l'une d'entre elle. "Il n’y a déjà pas suffisamment de personnel actuellement pour soigner tous les patients", souligne une autre. "Le gouvernement devrait peut-être venir faire un tour dans les services, voir comment ça se passe sur le terrain avant de commencer à viser les hôpitaux", propose une troisième.

Selon Layla Mrab-Tifi, infirmière volante depuis 15 ans à l’hôpital Erasme, il aurait fallu agir plus rapidement. Elle reproche en effet un manque d'anticipation. "On n’en serait pas là aujourd’hui à sanctionner des infirmières qui ne sont pas vaccinées s’il y avait assez de personnel, dit-elle. S’il y avait assez de personnel, on aurait assez de monde pour soigner tous ces patients aux soins intensifs, tous ces patients Covid. Si tout avait été mis sur la table bien avant, depuis les années qu’on le crie, qu’on le scande haut et fort qu’il manque du monde. Si les choses avaient été faites en temps et en heure, on n’en serait pas là aujourd’hui. On le sait qu’en passant les études à 4 ans, il va manquer du monde. On le sait depuis des années et il n’y a rien qui est fait... Et encore maintenant, il n’y a rien qui est fait. Merci les blouses blanches, oui, mais on n’a pas de personnel parce qu’on ne les a pas motivés à venir s’inscrire dans les écoles et on n’a pas revalorisé les gens qui sont là", s'insurge l'infirmière.

Quelques heurts devant le cabinet de Vandenbroucke

La police a usé de gaz lacrymogène en milieu de journée, sur la fin du parcours de la manifestation des soignants, à l'entrée du cabinet du ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke, a indiqué la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de keere. Il n'y a pas eu d'arrestation.

Des manifestants ont tenté de pénétrer de force dans le cabinet, selon la porte-parole de la police locale. Ils ont pu être repoussés. La porte d'entrée du cabinet a cependant été endommagée. Elle a été fissurée. Il n'y a pas eu d'arrestation, mais il y a déjà eu identification de certains fauteurs de troubles. Ces incidents sont survenus sur la fin du parcours de la manifestation du personnel soignant, qui s'étendait de la place de La Chapelle jusqu'au carrefour dit Arts-Loi, aux abords de la zone neutre.


 




 

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