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Enquête choc: "L'enseignement technique et professionnel est un passeport pour le chômage"

 

"L'enseignement technique et professionnel est un passeport pour le chômage". C'est l'une des conclusions d'une étude du cabinet de conseil Mc Kinsey relayée par le Magazine "Marianne". Ce large audit de notre enseignement pointe notamment un taux de redoublement élevé et un retard scolaire dès l'école primaire.

Une enquête "choc".  Voilà comment l'hebdomadaire Marianne qualifie l'audit du cabinet Mc Kinsey. L'école fabriquerait de futurs chômeurs en Wallonie et à Bruxelles. L'un des points noirs: l'enseignement technique et professionnel, complètement dévalorisé.  Pierre Jassogne, journaliste chez 'Marianne Belgique' était au micro de Justine Sow pour RTL-TVI: "C'est véritablement un passeport pour le chômage. C'est une filière qui n'attire pas. Le système de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles est un système de relégation. Si vous êtes bon, tant mieux, mais si vous n'êtes pas bon, vous vous retrouvez dans un système que vous n'aimez pas". 

La pratique doit primer

Pointée du doigt, la ministre de l'Enseignement répond qu'il existe des mesures pour lutter contre le décrochage scolaire. Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement obligatoire dans les colonnes de l'hebdomadaire Marianne a indiqué: "C’est pour cela que j’ai mis en place la certification par unités, dans l’enseignement technique et professionnel. Pour ces élèves qui ont de nombreuses difficultés, qui ont un chemin chaotique jusqu’en fin de parcours." Selon l'étude, les élèves seraient mal formés au monde du travail. L'école ne serait pas au courant des exigences des entreprises. Pierre Jassogne précise: "La nouveauté de cette enquête, c'est qu'elle dit plutôt que de faire des décrets et des réformes structurelles, c'est le terrain qui est important." Réponse franche de la ministre qui semble aller dans le sens de l'enquête: "Les décrets ne donnent pas de résultats (...) ils ne donnent pas de formation, pas d’outils, ni d’accompagnement des enseignants et des équipes pédagogiques. (...) Le travail de terrain, la mise en avant des pratiques et des méthodes, c’est la clé des secteurs scolaires les plus performants."

Six années? Trop peu

L'audit révèle aussi un manque de vocation global: la fonction de directeur n'attire plus, et les jeunes profs quittent le métier rapidement. Pierre Jassogne: "35% des enseignants quittent la profession après quelques années seulement. Ils sont démotivés. Ils se retrouvent souvent seuls, car ils ne sont pas accompagnés."  L'enquête Mc Kinsey assure qu'en 6 ans, une réforme de l'enseignement est possible. Un délai qui semble trop court aux yeux des professionnels du secteur.

 

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