Entre terrorisme et cybercriminalité, les formations des policiers ont évolué: "Ne touchez pas au sac! Les mains en l'air!"

Depuis ces attentats de Bruxelles, la formation des policiers a quelque peu évolué...Tant au niveau pratique, que théorique. Exemple à l'académie de police de Namur, comme l'a constaté notre équipe composée de Christophe Clément et Alain Hougardy.

Une de nos équipes a assisté ce matin à un exercice pratique d’intervention. La simulation se joue à proximité d’une gare. Un suspect est pris en joue: "Ne touchez pas au sac? Les mains en l'air", lui lance comme injonction un aspirant policier.  

Depuis les attentats de Bruxelles, les futurs policiers apprennent à renforcer encore davantage leur vigilance. Des éléments autrefois négligés sont désormais pris en compte.

"On est beaucoup plus attentifs comme ici dans ce cas-ci, avec le sac de la personne interpellée. Avant on aurait pu juste se dire, qu'il allait juste chercher son ticket de train dans son sac, alors que maintenant on doit penser au fait qu'il peut y avoir quelque chose de dangereux dans ce sac", détaille Martin Lefort.

Une impression confirmée par Xavier Dothée, formateur "Technique et tactique d’intervention". "On a orienté beaucoup plus le cours vers des comportements suspects de certaines personnes qui se trouvent aux abords de bâtiment fort fréquentés, des bâtiments publics qui pourraient faire malheureusement un maximum de victimes avec un minimum de moyens"..

Les cours théoriques sont eux aussi adaptés. Avant toute descente sur le terrain, les aspirants doivent dorénavant apprendre à collecter des informations.

"Vous devez toujours rester attentifs à l'environnement dans lequel vous allez progresser. Sachant que préalablement, vous aurez posé toutes vos questions auprès de vos centrales de dispatching", explique le professeur.

Les enquêtes de voisinage ne suffisent plus. Les futurs policiers devront également se nourrir des réseaux sociaux.

Le directeur de l’Académie de Police de Namur insiste sur cet élément dans le RTLINFO13H: "Autrement dit dans une enquête de proximité, de voisinage, nous allons voir ce que dit la population du voisin en question et croiser ces données avec l'E-réputation de la personne avec laquelle nous allons trouver des données intéressantes".

Le contexte terroriste suscite des vocations. À l’académie de Namur, les élèves sont deux fois plus nombreux qu’auparavant. La formation est payée 1350 euros nets par mois. Mais certains abandonnent en cours de route conscient que le policier fait aujourd’hui figure de cible.

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