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Examens et évaluations dans les écoles: les explications de la ministre de l'Éducation

 
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Caroline Désir était l'invitée de Pascal Vrebos ce dimanche sur RTL-TVI. La ministre francophone de l'Éducation a notamment répondu à des questions sur l'organisation des examens cette année et le passage ou redoublement des élèves. Caroline Désir a précisément publié des circulaires mercredi dernier sur ce sujet.

Pascal Vrebos: Si j'ai bien compris, vous laissez le choix aux écoles de faire un examen ou pas (ndlr: sauf pour les examens certificatifs CEB, CE1D et CESS, qui restent obligatoires). Est-ce que c'est un vœu, c'est un souhait? Soyez claire au fond. Si vous aviez un pouvoir absolu, vous supprimez les examens?

Caroline Désir: Je vais vous faire la différence entre les épreuves certificatives externes, pour lesquelles moi j'ai les pleins pouvoirs. Ça on va organiser, pourquoi? Parce que nous avons besoin de ces outils d'évaluation pour mesurer le niveau de notre enseignement.

Pascal Vrebos: Mais les questions seront plus simples?

Caroline Désir: Non, les questions ne seront pas plus simples. D'ailleurs, ce sont celles des épreuves précédentes qui n'avaient pas pu être utilisées, qui sont gardées sous coffre.

Pascal Vrebos: Comment voulez-vous qu'ils s'en sortent, avec ce qui s'est passé?

Caroline Désir: Parce que nous avons, sur base des épreuves certificatives de l'année passée, construit avec l'administration une liste des essentiels des points de programme à voir absolument cette année. Pour pouvoir avoir les acquis nécessaires, passer dans les années suivantes, mais aussi réussir les épreuves externes certificatives. Donc il faut un peu se concentrer.

Pascal Vrebos: Mais ceux qui sont déprimés, qui ne s'en sortent pas, qui sont déstructurés? Qui ne sont pas aidés?

Caroline Désir: J'insiste sur un point là-dessus, c'est que ce sont les jurys d'école ou les conseils de classe qui auront le dernier mot. Ça veut dire que même si un élève a échoué à son épreuve certificative externe, son CEB, CE1D, CESS, pour des raisons quelconques… parce que toute la matière n'a pas pu être vue, parce qu'il est mal dans sa peau alors que normalement il a des bons résultats… C'est bien le conseil de classe qui va pouvoir tenir compte de la globalité de la situation.

Pascal Vrebos: Et là vous les appelez à la bienveillance? Est-ce que c'est objectivable?

Caroline Désir: J'enchaîne avec l'autre question, qui est celle des évaluations internes. En fait, les écoles ont toujours le choix des modalités de l'évaluation. Il y a plein de façons différentes d'évaluer des élèves. Et ça fait d'ailleurs partie intégrante du processus d'apprentissage. Ce que je dis dans ma circulaire, c'est simplement rappeler aux écoles qu'elles ne sont pas obligées d'organiser ces évaluations sous la forme d'une session d'examen classique. Qu'ils peuvent le faire sous d'autres formes et qu'on leur demande de tenir compte de l'intérêt de l'élève dans toutes ses dimensions. Pédagogiques, mais aussi psychologiques. Et d'avoir recours au redoublement que si c'est la seule solution.

Pascal Vrebos: Moi ce que je comprends en sous texte, si j'ose dire, c'est que si vous faites redoubler quelqu'un, il faut vraiment que ce soit catastrophique.

Caroline Désir: Il faut en tout cas avoir mis tout ce qu'on pouvait mettre en œuvre pour éviter ça. C'est-à-dire la remédiation dont on parlait, des séances de repêchage… Franchement, on a encore un peu de temps d'ici la fin de l'année. On doit dialoguer aussi avec les parents, avec les élèves, pour voir quel est le plan de bataille. Pour cette année mais aussi pour l'année prochaine par rapport à cet élève. Comment le faire progresser dans ses apprentissages.

Pascal Vrebos: On laisse passer un maximum?

Caroline Désir: C'est déjà la consigne qu'on avait donnée l'année passée. Ça a été plutôt bien suivi. Et pour autant qu'on continue à accompagner bien les élèves dans leur parcours après évidemment.

Pascal Vrebos: Là ils vont quand même avoir certains manques, non?

Caroline Désir: Heureusement pour nous, les élèves sont dans le système scolaire pendant quinze ans. La plupart, sauf ceux qui sont en rhéto cette année, vont pouvoir continuer à être pris en charge par les enseignants. Il faut faire confiance aux enseignants là-dedans. C'est le maître-mot de ma circulaire. Et je n'ai plus utilisé le mot 'bienveillance' parce que certains enseignants me l'ont reproché. Donc j'écoute ce qu'ils me disent. Parce qu'ils se sont sentis insultés, en disant 'est-ce que vous croyez que le reste du temps on n'est pas bienveillant?'.

Les mesures d'aide aux élèves selon la ministre

Concernant l'accompagnent des élèves, la ministre a affirmé un peu plus tôt dans l'interview que des mesures étaient prises pour tenter d'éviter qu'un fossé ne se creuse entre les élèves. "Depuis déjà le mois de septembre on a débloqué des moyens pour essayer de réparer ces dégâts de la crise le plus possible. On a mis 17 millions en septembre pour financer des périodes dédiées à la remédiation. On a mis 19 millions au mois de janvier pour engager des éducateurs et du personnel psy dans les PMS en plus pour essayer de favoriser le bien-être. Parce que les adolescents ne peuvent pas apprendre s'ils sont mal dans leurs baskets. […] Et on demande aux écoles depuis le début de la crise de prévoir de la remédiation pour les élèves qui sont en décrochage", a indiqué Caroline Désir.

 




 

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