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Exclusif: la vie dans la prison d'Arlon filmée par un détenu (vidéo)

C'est un document exclusif RTL. Un plongeon au coeur des prisons. Pendant plusieurs mois, un détenu de la prison d'Arlon a réussi à filmer son quotidien à partir d'un gsm. Il dénonce notamment la surpopulation carcérale et l'insalubrité des bâtiments.

"Ici c’est la réalité, mec, regarde ça", lance un co-détenu de Farid Gaber, celui-ci filmant avec son gsm depuis sa cellule de la prison d’Arlon. Malgré l’interdiction de posséder un téléphone portable, un bidule comme on l’appelle là-bas, est entré dans l’enceinte de l’établissement pénitentiaire. Il  a ainsi réussi à filmer pendant plusieurs mois son quotidien en prison. Farid a été condamné à 18 ans de prison en cour d’assises pour des faits de tigerkidnapping. Depuis son incarcération, il consacre la majorité de son temps à la musique hip hop. Avec ses codétenus, ils se mettent en scène, à l’insu des gardiens. Il va même plus loin en publiant des vidéos sur internet à partir de la prison. Les paroles de ses chansons évoquent notamment ses déboires avec la justice. Son nom d’artiste est Farinx.     

"Tout est monnayable en prison"

Après sept ans de prison, Farid, muni d’un bracelet électronique, a pu rejoindre son domicile familial. Il confirme à notre journaliste Benjamin Samyn qu’un détenu peut se procurer facilement n’importe quel objet en détention. "Tout est monnayable en prison, à partir du moment où tu as de l’argent. Je vous parlais des gsm, mais on peut aussi parler de drogue, d’alcool. Il y a du cannabis, de l’héroïne, de la cocaïne. C’est un mini monde vraiment. Donc, si tu veux vraiment quelque chose, en prison, si tu le payes, tu peux l’avoir. C’est simple", confesse-t-il.

"Il y a des trous dans les murs, des rats partout"

Sur les images filmées à la prison d’Arlon, on peut effectivement voir les prisonniers filmés tranquillement des joints de cannabis. Farid est passé par huit prisons en sept ans. Il a expérimenté des situations souvent difficiles, comme à une période lorsqu’il était derrière les barreaux à Tournai. "Tu arrives dans une cellule, tu demandes où sont les toilettes. Et bien, il n’y en a pas. Tu as un seau là-bas et tu fais tes besoins dedans. On est souvent confrontés à ce genre de problèmes d’insalubrité. On peut parler de la prison de Namur, surtout l’aile des prévenus, elle est dégradée et pourrie. Quand on parle de Lantin, de Forest, etc. Dans toutes ces prisons-là, il y a des trous dans les murs, des rats partout. C’est vraiment insalubre. Il y a aussi des cafards", assure l’ancien détenu.

 

"Je n’ai plus envie d’y retourner"

Aujourd’hui, il travaille comme préparateur de commandes de 16h à minuit. L’ancien prisonnier jure qu’il ne replongera pas dans le milieu carcéral. "Sept ans de prison, c’est quand même quelque chose qui vous marque. Je n’ai plus envie d’y retourner. C’est une chose sur laquelle j’ai envie de faire une grosse croix. Maintenant, si je ne trouve pas de travail demain, je serai beaucoup plus persévérant qu’avant. Je me donnerai deux fois plus et je chercherai deux fois plus tout simplement. La vie est bien trop belle pour la gâcher", souligne-t-il.

Les menottes et les barreaux font donc désormais partie de son passé. Farid indemnise ses victimes. Son rêve est d’un jour percer dans le monde musical.

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