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Formations dans les métiers en pénurie: 85% de chance de trouver rapidement un boulot, nos gouvernements veulent agir

Formations dans les métiers en pénurie: 85% de chance de trouver rapidement un boulot, nos gouvernements veulent agir

Les formations dans les métiers en pénurie permettent aux participants de trouver quasi à coup sûr un emploi : 85% de succès en moyenne, et jusque 100% dans la logistique par exemple. Le gouvernement wallon veut miser sur ces formations, en offrant un incitant financier de 350 euros net à ceux qui suivent ce type de formation. La Belgique détient le record d’emplois vacants en Europe. Le premier ministre Charles Michel a rencontré hier les partenaires sociaux pour mettre sur pied un plan de bataille.

Coiffeur, comptable, cuisinier, chauffagiste... La liste des métiers critiques et en pénurie est longue en Belgique. Près de 130.000 postes ne trouvent pas preneur, alors que le chômage reste élevé. Pour lutter contre ce phénomène, le premier ministre Charles Michel a convoqué hier les partenaires sociaux pour établir un plan de bataille.

"Souvent, la pénurie est due à des problèmes qualitatifs : un manque de connaissances de langues, des comportements pas adaptés ou un manque de flexibilité", éclaire Myriam Dahan, directrice du pôle tremplin de Bruxelles Formation, au micro de Vincent Chevalier pour Bel RTL.


"Tous les ans, on organise 200 formations différentes"

Les organismes de formations professionnelles sont donc en première ligne pour inverser la tendance. "Un tiers des formations que l’on donne sont des formations pour des métiers en pénurie. Tous les ans, on organise 200 formations différentes", précise Nicole Roland, administratrice générale de l'IFA-PME.

Ces organismes doivent communiquer sur ces emplois vacants et inciter les demandeurs d'emploi à se lancer dans des secteurs en manque de main d'oeuvre, où le travail est presque assuré.

Les statistiques du Forem en sont la preuve : dans les formations professionnelles, le taux d'insertion est de 68% ; dans les métiers en pénurie, ce taux peut grimper jusqu'à 85%. Exemples : 80% pour chauffeur poids lourd, 90% pour électro-mécanicien, et presque 100% dans la logistique ou opérateur d'entrepôt.

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L'alternance pour découvrir un métier de façon plus concrète

Depuis quelques années, ce taux est en légère augmentation de 1,5 à 2 points chaque année. Pour poursuivre la lancée, le ministre wallon de l'emploi Pierre-Yves Jeholet a notamment proposé un incitant financier de 350€ nets pour les chômeurs qui vont au bout d'une formation dans un secteur en pénurie. Le Forem pourrait donc profiter d'une telle mesure pour convaincre ses inscrits. "Toute personne qui se forme à un métier en pénurie, si elle va jusqu’au bout de sa formation ou si en cours de chemin elle trouve un emploi, elle percevra une prime de 350 euros nets", indique Yves Magnan, directeur général Produits et Services au Forem.

De son côté, l'IFA-PME (Institut wallon de formation en alternance pour les indépendants et PME) a décidé de miser sur l'alternance : des périodes de formation, accompagnée de périodes pratiques en entreprise. Selon l'institut, l'alternance permet de découvrir le métier de façon plus concrète.

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L'IFA-PME travaille aussi en lien direct avec 7.000 entrepreneurs, qui font remonter leurs besoins. L'institut décide ensuite d'ouvrir de nouvelles formations, grâce à 3.000 formateurs indépendants ou employés de PME. Parmi les 200 formations qu'organise l'institut, plus d' 1/3 des formations données sont des formations pour des métiers en pénurie. Ainsi, 80% des diplômés trouvent un travail dans les 6 mois.

Je voulais changer de vie. Je connaissais quelqu'un qui habitait en Belgique.

Les métiers en pénurie peuvent également profiter aux jeunes, avec ou sans diplôme. La catégorie des moins de 25 ans est particulièrement touchée par le chômage : plus de 20% de cette population. C'est à eux que s'adresse notamment Tremplin Jeunes de Bruxelles Formation. L'organisme s'occupe de la remise à niveau des candidats, la mise en place d'un parcours professionnel et de la formation. C'est notamment le cas d'Alina, une jeune Roumaine. 

"Je voulais changer de vie. Je connaissais quelqu'un qui habitait en Belgique. Puisque je n'avais pas d'équivalence pour mon diplôme, j'ai décidé de faire une formation", explique la jeune femme. Elle se tourne alors vers Bruxelles Formation où elle découvre une multitude de formations. "J'ai choisi celle d'agent d'accueil car j'aime le contact avec les personnes", souligne Alina. 

Aujourd'hui, la jeune femme achève son stage en entreprise et a la garantie d'être embauchée chez Bruxelles Formation dès la fin de celui-ci. "Je n'arrive pas à le croire, je suis super excitée et heureuse", conclut-elle.

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