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Fragilisée par la perte d'un poumon, Fanny n'a plus vu personne depuis un an: elle demande un accès plus rapide au vaccin

  • Rencontre avec une personne à risque qui ne sera pas vaccinée avant juin

  • Explications du Prof. Clumeck à propos des foyers et de la vaccination

 
 
 

Pour l'heure, les personnes qui ont accès au vaccin, en priorité, ce sont les personnes âgées et le personnel soignant. Qu'en est-il des personnes à risque, comme Fanny qui souffre d'une maladie neuro-musculaire? Elle aimerait se faire vacciner, mais son âge la reporte en juin...

Qui oserait affirmer que Fanny n’est pas une personne fragile ? Il y a 10 ans, alors que la grippe H1N1 ne faisait pas autant l’actualité, elle en a perdu un poumon. Même si elle est jeune, elle a légitimement peur du Covid. Or pour l’instant, selon le critère d’âge, elle sera vaccinée en même temps que le grand public. "Je comprends bien que je ne suis peut-être pas prioritaire parce que quand je vois le taux de mortalité, notamment dans les maisons de repos, ça je comprends tout à fait. Je comprends que les soignants doivent être protégés en priorité mais je suis quand même plus à risque que ma voisine de 20 ans qui va très bien", raconte Fanny.

Diplômée à la recherche d'un emploi

Sa demande est de créer pour les malades dans un état similaire au sien une nouvelle catégorie. Elle leur permettrait d’être prioritaire sur les personnes de moins de 45 ans et en bonne santé. Renseignement pris, le message pourrait avoir été entendu. "Indépendamment de l’âge, certaines co-morbidités sont prises en compte, et sont actuellement analysées pour voir s’ils ne pourraient pas être vaccinés dans le groupe des 45-65 ans", explique Jean-Michel Dogné, expert en sécurité des vaccins, agence belge des médicaments.

Sa maladie lui affaiblit les muscles mais pas l’esprit. Immobilisée sur son fauteuil, elle n’en est pas moins une diplômée récente de l’Université de Liège à la rechercher désormais d’une place comme professeur de français.

"Je comprends qu’on parle éventuellement de vacciner les enseignants, mais parfois je me dis, si j’avais enseigné j’aurais peut-être fait partie de ceux prioritaires aux vaccins, comme métier essentiel et à risque... mais je n’enseigne pas parce qu’il n'y a pas le vaccin. Donc, on a une sorte de cycle infini".

En attendant, hormis notre visite, elle a décidé de s’isoler et n’a plus vu personne depuis bientôt un an.




 

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