En ce moment
 

"C'est notre seule chance d'obtenir du changement": cet homme a refusé de remplacer un pilote de Ryanair en grève

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair affronte vendredi sa troisième grève du personnel de cabine et de certains pilotes de ligne en Belgique et dans plusieurs pays européens, après deux autres grèves organisées en juillet et août. Un reportage de Julien Crete et Xavier Preyat pour RTLINFO 13H.

En Belgique, le directeur marketing de Ryanair Kenny Jacobs annonçait jeudi de "20 à 25 vols annulés". Selon les prévisions des aéroports, c'est deux fois plus. On indiquait l'annulation de 11 vols aller/retour à Bruxelles et d'une douzaine de vols aller/retour à Charleroi, soit un peu moins de 50.

Pour remplacer les employés en grève, Ryanair avait prévu des effectifs supplémentaires "mobilisables". C'était le cas d'un pilote que Julien Crete a rencontré. Mais ce dernier refusé de travailler. Il a préféré ne pas répondre aux demandes de son employeur. "On sent que les choses bougent enfin. J'ai refusé de travailler aujourd'hui, car c'est notre seule chance d'obtenir du changement", a précisé le pilote.

 
"Négocier avec elle plutôt que de faire grève"

Dans toute l'Europe, Ryanair annonçait jeudi l'annulation de 250 vols sur 2.400 au total (un peu plus de 10%). La grogne sociale règne depuis quelques mois parmi le personnel de la compagnie low-cost et les pilotes de ligne qui réclament de meilleures conditions de travail et l'application de la législation nationale en matière de contrats de travail, impôts et sécurité sociale notamment.

Le personnel réclame qu'en "cas d'arrêt maladie, il puisse continuer à être payé et qu'il puisse profiter de congés paternité ou maternité", a détaillé Didier Moraine, de l'association des Pilotes Aériens Belges. 


Alors que la grève touchera les opérations de Ryanair ce vendredi, la compagnie avait relancé son message, jeudi, aux syndicats en leur demandant de "négocier avec elle plutôt que de faire grève". "Pour la Belgique, Ryanair a accepté les demandes des syndicats d'appliquer la législation locale en matière de conditions de travail, fiscale et de sécurité sociale. Les syndicats doivent venir donc négocier avec nous pour appliquer cela plutôt que de faire encore grève", avait souligné le directeur marketing de Ryanair Kenny Jacobs.

Du côté syndical, on demandait surtout que Ryanair couche ses promesses sur papier avant de négocier. Michael O'Leary, le patron de la compagnie, le promet pour 2019, mais les travailleurs veulent des garanties. "Quand on les entend, ils sont prêts à signer pour début 2019. Mais on dit tout de suite que si il le mette sur papier, on peut probablement s'engager à signer si les autres pays européens sont d'accord avec nous", a signalé Yves Lambot, secrétaire permanent CNE.


"Ces grèves à répétition nuisent à la compagnie et aux clients"

De passage mercredi à Bruxelles, le CEO de Ryanair, Michael O'Leary estimait que cette grève était "inutile et non soutenue". "Nous avons accepté de négocier partout avec les syndicats. Ces grèves à répétition nuisent à la compagnie et aux clients. Il faut annuler cette grève de vendredi, non soutenue, pour le bénéfice de la compagnie dont l'image a fortement été écornée et des clients qui veulent pouvoir réserver leurs billets normalement sans craindre de futures grèves", avait-il indiqué.

Comme elle fait à chaque fois, la compagnie aérienne a prévenu les passagers touchés par les annulations via sms ou emails. Ils ont pu choisir entre plusieurs alternatives pour leurs billets. Mais certains voyageurs n'avaient pas vu les messages envoyés par la compagnie. "Je n'ai pas vérifié mes mails. Du coup, je me retrouve à Bruxelles sans savoir que le vol était annulé", a confié un homme surpris par la grève.


"Habituellement, on part avec Ryanair. On a entendu il y a une quinzaine de jours qu'il allait y avoir des grèves. Du coup, on a préféré jouer la sécurité et partir avec wizz Air... On s'adapte", a expliqué un autre voyageur.


 
La grève du 28 septembre est une initiative du personnel de cabine de cinq pays européens: la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal. Des pilotes de plusieurs pays dont la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne se sont joints au mouvement.

En juillet dernier, une grève du personnel de cabine dans plusieurs pays d'Europe avait conduit à l'annulation de 600 vols impactant 100.000 passagers. En août, les pilotes avaient aussi fait grève conduisant à l'annulation de 400 vols et touchant 55.000 passagers.

Vos commentaires