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30% de prépensionnés en moins, 77% de malades longue durée en plus: les mesures pour faire travailler les plus de 50 ans sont-elles inutiles ?

30% de prépensionnés en moins, 77% de malades longue durée en plus: les mesures pour faire travailler les plus de 50 ans sont-elles inutiles ?

C'est une exclusivité RTL info et pour vous le prouver, voici deux chiffres de l'INAMI: en 10 ans, le nombre de prépensionnés de 50-64 ans a diminué de 30%. Dans le même temps, celui des plus de 50 ans en invalidité a, lui, augmenté de 77%.

Y a-t-il un lien entre l'allongement de la durée des carrières et l'augmentation du nombre de gens en incapacité de travail ?

La réponse est clairement oui... la rédaction de RTL info s'est procuré des chiffres exclusifs de l'INAMI.

Des chiffres qui montrent tout d'abord une baisse de 30% en 10 ans: ce sont les prépensionnés de 50 à 64 ans, qui sont sans surprise de moins en moins nombreux.

Mais les chiffres montrent également, sur cette même période de 10 ans, une hausse très importante: celle du nombre des travailleurs de plus de 50 ans qui sont des malades 'longue durée', c'est-à-dire absent depuis plus d'un an. Ils ont augmenté de 77% !

En 20 ans, le nombre d'invalides a plus que doublé.

"S'il y a de plus en plus de personnes âgées sur le marché du travail, et qu'il y a de moins en moins de mesure pour partir un peu plus tôt à la pension, évidemment, c'est normal, il y a une propension à devenir malade qui est plus importante", nous a expliqué Christophe De Backer, directeur du département incapacité de travail aux mutualités chrétiennes.

"Au niveau des ouvriers, et tout ce qui touche les métiers pénibles, c'est une question importante. Mais au niveau des problèmes psychiques, cela touche tous les niveaux de la population", précise-t-il.


"Porter des sacs de ciment ou monter sur un toit à 60 ans, c'est inimaginable"

"Toutes les restrictions sur les fins de carrière, notamment sur les prépensions, qui ont fait qu'aujourd'hui, on a vraiment un phénomène très difficile pour les travailleurs du secteur de la construction. Imaginez vous aujourd'hui, un travailleur du secteur de la construction ne peut quitter sa fonction qu'à partir de 58 ans voire 60 ans si on ne modifie pas la législation actuelle. C'est évidemment inadmissible, inacceptable pour nous. Les travailleurs qui doivent porter des sacs de ciment, des blocs, monter sur un toit à 58 ou 60 ans, c'est inimaginable, c'est impensable, inacceptable pour nous", explique Brahim Ilani, secrétaire fédéral FGTB secteur Construction.

"Si on ne modifie pas les choses. Si on n'aboutit pas à un accord acceptable pour les fins de carrière, évidemment que les travailleurs vont souffrir. Et dans un secteur comme celui-ci, qui est un secteur "pénible", ça sera intenable pour les travailleurs et ils ne pourront pas se maintenir au travail le plus longtemps possible. Ils doivent alors trouver d'autres solutions pour pouvoir aménager leur carrière, ce qui est très très difficile dans un secteur pareil", ajoute le secrétaire fédéral FGTB secteur Construction.


"On dépense plus pour l'invalidité que pour l'indemnisation du chômage"

"On a basculé comme tous les autres pays avec des dépenses d'invalidité qui sont plus élevées que les dépenses de chômage. Donc maintenant, on dépense plus pour l'invalidité que pour l'indemnisation du chômage", explique François Perl, directeur général du service des indemnités de l'INAMI, l'institut national d'assurance maladie-invalidité, à Antonio Solimando sur les ondes de Bel RTL.


"Il faut responsabiliser les employeurs"

Pour Christophe De Backer, directeur du département incapacité de travail aux mutualités chrétiennes, il faut "responsabiliser les employeurs pour qu'ils prennent des mesures". Il s'est exprimé au micro de Bernard Lobet.


Chute du nombre de dossiers prépension

"Le durcissement des critères a fait en sorte que la plupart des gens sont partis en prépension avant 2015 et qu'on voit le nombre de dossiers diminuer d'année en année. De 2012 à 2018, il y a une chute de 71% du nombre de dossiers prépension", explique Véronique Vanderbruggen, porte-parole de la Confédération Construction, au micro de Bernard Lobet.

 

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